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À la veille des élections, les contaminations au Covid-19 explosent aux Etats-Unis

La fin de campagne avant le scrutin du 3 novembre est marquée par une forte recrudescence de l’épidémie de coronavirus, comme en Europe.

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Un électeur arrive pour déposer son bulletin de vote lors du vote anticipé à Allentown, en Pennsylvanie, le 29 octobre 2020.
Un électeur arrive pour déposer son bulletin de vote lors du vote anticipé à Allentown, en Pennsylvanie, le 29 octobre 2020. (ANGELA WEISS / AFP)

Ce 29 octobre, les Etats-Unis ont battu un record, celui du nombre de contaminations en une journée : plus de 91 000 en 24 heures, autrement dit plus d’une par seconde. En une semaine, plus d’un demi-million d’Américains ont été contaminés, là encore c’est un record. C’est lié au fait que l’on teste beaucoup aux Etats-Unis, comme en France. Mais toutes les courbes sont inquiétantes. Même le nombre de morts : plus de 1 000 hier. Même si on n’en est pas encore revenu au niveau catastrophique du mois d’avril, lorsque la ville de New-York était plongée dans l’épidémie avec plus de 2 000 morts quotidiens, la situation se dégrade rapidement. Les Etats-Unis comptent désormais 230 000 morts, sept fois plus qu’en France, c’est le bilan le plus lourd au monde. Et encore est-il sans doute sous-évalué, puisque dans les maisons de retraite, les décomptes sont souvent sommaires, voire inexistants. Le Dr Anthony Fauci, qui est le référent médical sur le sujet aux Etats-Unis, ne cache plus son inquiétude. Le pays, dit-il, ''va dans la mauvaise direction''. Ici et là, on voit d’ailleurs apparaître des confinements locaux, par exemple à partir d’aujourd’hui à El Paso au Texas, ou dans une partie de Chicago.  

Les Etats républicains particulèrement touchés

Cette situation peut avoir un impact sur le vote, a fortiori quand on regarde la carte des Etats touchés; Cette 2ème vague de l’épidémie touche tout le pays : 47 Etats sur 50. Mais l’augmentation est particulièrement forte dans deux zones. Il y a d’abord les Etats du centre et du Nord du pays : Iowa, Dakota, Nebraska, Montana, Wyoming, Idaho. Autant d’Etats qui sont dans le camp des Républicains, le parti de Donald Trump. Et où les autorités locales sont donc souvent réticentes à prôner les mesures de sécurité essentielles, le port du masque, la distanciation sociale.   Très touchés également, les Etats- clés de la région des grands lacs : le Minnesota, le Wisconsin, le Michigan, l’Indiana, l’Ohio. Et ces Etats font partie des célèbres ''swing states'', qui changent de couleur d’une élection à l’autre et qui déterminent l’issue du scrutin national. Cette dégradation de la situation sanitaire est une mauvaise nouvelle pour Donald Trump, perçu par de nombreux électeurs comme ayant mal géré la pandémie. Il faut dire qu’à l’inverse, dans les bastions démocrates, l’épidémie semble désormais mieux contrôlée. C’est particulièrement le cas à New York.  

Le déni de Donald Trump

Et Trump continue de nier le problème. Ça va même plus loin. Il inverse les rôles. En meeting ce 29 octobre en Arizona, le président américain a accusé son opposant démocrate Joe Biden d’être une menace dans la lutte contre le virus. Avec les démocrates, affirme Trump, ''il y aura du retard pour le vaccin, la pandémie va se prolonger, les écoles vont être fermées, il n’y aura pas de mariage, pas de Noël, pas de fête nationale''. En face, Biden a répondu à distance en accusant le président en place d’être dans le déni, et en réitérant son engagement de suivre les préconisations des scientifiques s’il est élu. L’épidémie aura vraiment marqué cette campagne électorale jusqu’au bout.    

Un électeur arrive pour déposer son bulletin de vote lors du vote anticipé à Allentown, en Pennsylvanie, le 29 octobre 2020.
Un électeur arrive pour déposer son bulletin de vote lors du vote anticipé à Allentown, en Pennsylvanie, le 29 octobre 2020. (ANGELA WEISS / AFP)