Transportez-moi. Protéger les passagers face aux virus : la nouvelle préoccupation des transporteurs

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Avec la pandémie, les transports ont dû se réinventer pour protéger au mieux leurs passagers. Désinfection, solutions sans contact, filtres et outils de diagnostic, toutes ces innovations ont permis au secteur de rebondir face à la crise.

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Radio France
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Les avions développent une technologie poussée pour éviter la contamination de l'air par des virus ou des bactéries. (Illustration) (ADENE SANCHEZ / E+ / GETTY IMAGES)

Depuis le début de la pandémie, les usagers ont davantage de réticence à emprunter des modes de transport partagés, par peur de la contamination. Dans les transports en commun, la fréquentation n’est remontée qu’à 70% de son niveau d’avant-crise. Conscients de cette nouvelle préoccupation, le secteur a mis au point des innovations pour protéger les passagers.

Les transports, vecteurs de maladies depuis toujours

De tous temps, les transports ont participé à la propagation des maladies. En 1348, une épidémie de peste noire débute en Chine. En quelques mois, des marchands génois importent la maladie en Europe. Cette épidémie fait alors environ 30 millions de victimes, soit entre un tiers et la moitié de la population européenne de l’époque.

A l’époque, plusieurs semaines, voire plusieurs mois étaient nécessaires pour que des maladies passent d’un continent à l’autre. Désormais, les moyens de transport rapides leur permettent de parcourir ces distances en seulement quelques heures, un phénomène accéléré par la proximité urbaine et la croissance démographique.

Protéger pour redonner confiance

En 2003, la Chine avait déjà connu une épidémie liée à un coronavirus, le SRAS-CoV, qui avait fait 811 morts à travers le monde, un bilan alors colossal.

Depuis, et avec la pandémie de Covid-19, l’expertise des transporteurs en matière de nettoyage s’est grandement améliorée. Outre la désinfection manuelle des surfaces dans les transports en commun, les industriels travaillent à des solutions innovantes pour protéger et rassurer les passagers. Ainsi, pour éviter de toucher les barres dans les transports en commun, Alstom a développé une solution entièrement sans contact. 

“Nous avons développé un concept de petites poignées personnelles qui se fixent  sur les barres pour se maintenir debout, et qui évitent de les toucher directement . On a également des traitements par nébulisation, pour pulvériser à l’intérieur d’un espace une substance similaire à un spray, qui nettoie toutes les surfaces", précise Anne Bigand, directrice de l’expérience passager Alstom

Et des revêtements bactéricides ou virucides sont également en cours de développement.

Dans les avions, une technologie très développée

D’après Vincent Feuillie, médecin conseil chez Air France, le risque de contamination par des virus et des bactéries dans l’habitacle d’un avion reste très limité. En effet, l’air est renouvelé très régulièrement et circule de haut en bas. Ceci évite aux virus et aux bactéries de se disperser et d’être respirés par les passagers à proximité.

"Dans un avion, l’air est renouvelé toutes les 2 à 3 minutes, avec 50% d’air qui vient de l’extérieur et 50% qui est filtré par des mécanismes qui retiennent 99,99% des bactéries ou des virus. Ce dispositif est une barrière de protection équivalente à de la distanciation sociale dans un environnement lambda."

Elisabeth Masset, Airbus

Bientôt un fonctionnement similaire pour la voiture

Dans la voiture individuelle, les risques sanitaires peuvent encore subsister pour les voitures anciennes qui ne permettaient de stopper que les poussières et les particules fines, sans agir sur les virus et les bactéries.

Des industriels comme le Français Valeo, leader dans ce domaine, proposent des solutions qui permettent à l’habitacle d’être totalement sécurisé. "Avec la pandémie de coronavirus, nous avons développé des filtres qui garantissent de bloquer tous ces virus au contact de la surface du filtre. C’est l’option numéro 1 que les consommateurs demandent depuis la pandémie", souligne Pascale Herman, directrice de l’innovation chez Valeo.

Autre innovation, des capteurs qui peuvent analyser la vigilance des passagers, leur état de fatigue, ou s’ils ont de la fièvre. Testé en laboratoire, ce dispositif a été utilisé pour réaliser des diagnostics Covid. Et les résultats sont prometteurs : la fiabilité de ce système est similaire aux tests PCR, sans avoir aucun contact avec le passager. Une méthode sans doute plus agréable qu’un écouvillon dans le nez !

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