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La fin programmée du cash

Le cash, l’argent liquide est t-il condamné ? Apparemment oui, avec une disparition presque programmée, celle du billet mauve, le billet de 500 €.

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(Illustration prétexte © Fotolia)

Sur 1.000 milliards d’euros en circulation, 307 milliards sont représentés en valeur par des billets mauves, des billets de 500 € que personne ne voit jamais. Ce billet de  500 €, créé à la demande de l’Allemagne où l’on a l’habitude de payer en liquide, est aujourd’hui accusé de tous les maux. Et la semaine dernière,  les  ministres des finances de l’Union européenne ont invité la Banque centrale européenne à le faire tout simplement disparaitre. Michel Sapin, a même déclaré que la grosse coupure était davantage utilisée pour dissimuler que pour acheter. Dissimuler, c’est sur quand on sait qu’un million d’euros en billets mauves pèse 2kg contre 22 kg en dollars. Et pour cause, les Etats-Unis, mais aussi le  Canada et le Royaume Uni,  ont déjà supprimé ces grosses coupures pour limiter les trafics

La coupure des mafieux, des terroristes ou des fraudeurs

Rien de plus facile que de transporter une grosse somme en peu de volume, c’est l’avantage du billet mauve. Sa suppression entre donc dans le cadre de la lutte contre toute sorte de fraudes et trafics. Avec d’autres mesures comme la limitation des paiements en liquide : 1.000 € en France contre  3.000 auparavant. En Allemagne, le ministre des finances veut aussi les limiter à 5.000 € : fini donc de payer sa voiture en espèces. Les banques n’ont déjà presque plus de liquide dans leur coffre, plus du  tout par exemple chez l’américain JP Morgan. La Suède démonte les distributeurs. La Norvège a programmé la disparition du cash pour 2020.  Le Danemark autorise les commerçants à refuser les espèces. Et c’est un allemand qui résume bien la chose, l‘économiste Peter Bofinger, qui dit que compte tenu des possibilités techniques actuelles, les pièces et les billets sont devenues anachroniques… on pourrait même dire ringardes.

La traçabilité

On paiera donc demain par carte, par virement, par paiement par contact avec la technologie NFC. Et tous ces moyens ont un avantage : la traçabilité. Vous étiez sur l’autoroute à telle heure, le ticket le confirme, vous avez fait vos courses au super- marché à 18h, le ticket de caisse est là pour prouver où est passé votre argent. Mais ça n’est pas le seul avantage. Ça sera aussi plus compliqué d’acheter une kalachnikov dans un sous-sol quand il n’y aura plus de billet, plus compliqué de placer de l’argent dans des paradis fiscaux sans valise remplie et plus compliqué de faire du black dans son entreprise si personne ne vous donne d’espèces. Voilà pour la fraude. Ça fera aussi des économies. Car battre monnaie coute cher aux pays,  aux alentours d’un point de point de PIB. En revanche, pour le Luxembourg qui émet deux fois son PIB en cash, la fête sera sans doute moins belle. Donc bientôt plus de billet de 500 à brûler, Gainsbourg est mort, et l’argent est condamné.

 

(Illustration prétexte © Fotolia)