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La Chine investit dans la dette sociale française

Après l'aéroport de Toulouse et le Club Med, la Chine achète notre dette sociale ! Le phénomène n'est pas nouveau mais, c’est une réalité, nos retraites sont de plus en plus financées par les asiatiques.

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(Quartier des finances à Shanghaï en Chine © Maxppp)

Cette ouverture, on la doit à la CADES (la Caisse d'Amortissement de la Dette Sociale) créée en 1996 par le gouvernement d'Alain Juppé, Premier ministre à l'époque. Chaque année, notre dette sociale s'accroît à cause notamment des déficits de la Sécu. Elle s'élève aujourd'hui à environ 160 milliards d'euros, et le rôle de la CADES est de placer cette dette sur les marchés sous forme d'emprunts. C'est un peu comme si vous sonniez chez votre voisin pour qu'il vous prête de l'argent pour vous permettre de combler le trou sur votre en banque... un voisin que vous rembourseriez ensuite progressivement.

 

Pourquoi la Chine s'intéresse-t-elle ainsi à notre dette ?

 

D'abord il lui faut placer ses énormes réserves de changes : un peu plus de 3.000 milliards de dollars (2.600 milliards d'euros), l'équivalent d'une fois et demi le PIB annuel français (la richesse produite par la France sur un an).

Comme les marchés financiers sont plutôt instables, Pékin considère la dette française comme un investissement plus sûr (car transparente) et, du coup, nous prête à des taux très intéressants.

Mais Pékin y voit aussi son intérêt économique. L'Europe est son premier marché d'exportation (22%) devant les Etats-Unis (17%). La Chine a donc tout intérêt à ce que les pays du Vieux Continent soient en bonne santé pour pouvoir continuer à leur vendre ses produits.

 

La Chine est-elle le seul pays étrangers à financer nos retraites ?

 

80% de notre dette sociale est détenue par l'Asie (Chine et Japon), mais il y a aussi, notamment, le Royaume-Uni, l'Allemagne, le Moyen-Orient et un tout petit peu la Suisse.

Mais la demande asiatique explose littéralement... la CADES vient d'ailleurs de passer un accord avec la banque centrale de Chine pour émettre des titres de dette sociale directement en monnaie chinoise, le yuan.

Le plus cocasse dans cette affaire c'est que nous remboursons les investisseurs internationaux avec nos impôts. Et oui ! L'organisme public rembourse en grande partie avec les recettes de la CRDS (Contribution au remboursement de la dette Sociale) que l'on voit apparaître sur nos fiches de paie, et aussi une partie de la CSG (Contribution Sociale généralisée). De quoi faire jaser dans les chaumières. C'est la "finance utile" et non plus l' "adversaire" d'un certain candidat à l'élection présidentielle.

(Quartier des finances à Shanghaï en Chine © Maxppp)