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Crise de la dette, nouveau sursis pour la Grèce

La Grèce toujours en sursis. Réunis hier soir à Bruxelles, les bailleurs de fonds publics d'Athènes ont refusé de donner quitus à l'accord politique intervenu un peu plus tôt sur le plan de rigueur. L'Eurogroupe demande au gouvernement grec 325 millions d'euros d'économies supplémentaires. Que se passe-t-il donc entre Athènes et ses créanciers ?

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Le bras
de fer montre à quel point les dirigeants de la zone euro ne font plus du tout
confiance aux responsables politiques grecs. Chat échaudé craint l’eau froide…
après avoir menti effrontément sur l’état réel de ses comptes, la Grèce doit
désormais réellement prouver sa bonne foi pour obtenir les 130 milliards d’aide
financière dont elle a besoin, au plus tard le 20 mars, pour
rembourser un gros volume de dette obligataire.

En quoi l’accord présenté hier manque-t-il de
détails ?

Les
ministres des finances de la zone euro affirment être toujours dans le flou sur
les contours exact de l’accord passé entre les forces politiques grecques et
les créanciers internationaux. Idem pour le Fonds Monétaire International qui
demande lui aussi encore plus d’efforts. Les préteurs ne veulent plus de
déclarations de principe mais des engagements, clairs, précis, détaillés,
inscrits noir sur blanc. Le problème c’est que la Grèce a déjà consenti
beaucoup d’efforts et la population ne suit plus. Le pays vient d’atteindre la
barre du million de chômeurs. Un tiers de la population vit déjà sous le seuil
de pauvreté, la récession dépasse les 4%, les politiques sont dépassés.

On dirait que tout est fait pour gagner du temps et
constater à la dernière minute, le 20 mars, que la Grèce ne peut éviter la
faillite.

L’hypothèse est envisagée mais pourquoi alors attendre le 20
mars pour annoncer que le pays fait défaut ? Si c’est l’option choisie,
autant le dire tout de suite. En réalité, peu nombreux sont les partisans de
l’abandon de la Grèce mais les observateurs qui se rendent à Athènes reviennent
découragés. L’un d’eux confiait hier soir : « l’appareil d’Etat grec
ne fonctionne plus, on ne sait plus où est l’influx nerveux ». Une
solution émergera peut-être des élections législatives prévues au mois
d'avril... à moins que l'on ne procède comme en Italie en imposant à la tête du
gouvernement grec un technicien. Après Mario MONTI qui, depuis sa prise de
pouvoir à Rome, a su rassurer les marchés… après Mario DRAGUI qui est en train
de faire ses preuves à la tête de la BCE, l'Europe est peut-être en train de
chercher son troisième Super Mario.

 

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