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Choc fiscal : quel impact sur la croissance ?

Quel impact aurait un éventuel choc fiscal sur la croissance économique de la France ? Les réponses chiffrées existent mais divisent les économistes.

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Cette question rappelle celle que l'on se posait, il y a quelques semaines, concernant le poids de la rigueur sur la croissance. Pour ce qui est de l'impact d'un éventuel choc fiscal, on a soumis les chiffres à " Mésange ". Mésange, c'est le nom – très romantique – du super ordinateur de Bercy qui calcule toutes les prévisions sur la base d'informations qu'on lui fait digérer (''Mésange'' est la contraction de Modèle Econométrique de Simulation et d'Analyse Générale de l'Economie). Ces chiffres, l'économiste Karine Berger, aujourd'hui députée socialiste des Hautes-Alpes, les a passés à la moulinette et elle est arrivée à cette conclusion : le choc fiscal réclamé par les patrons pour retrouver le chemin de la compétitivité aurait un impact non négligeable.

Quels arguments avance-t-elle ?

Baisser de 30 milliards d'euros les cotisations patronales en augmentant la TVA de 20 milliards et en réduisant les dépenses de 10 milliards, reviendrait à amputer la croissance d'un demi-point en 2013. L'impact serait donc négatif l'an prochain... et en 2015, le gain serait infime par rapport aux efforts consentis. Le raisonnement est logique. En transférant une partie des charges patronales vers la TVA, la CSG ou un nouvel impôt écologique, on toucherait directement au pouvoir d'achat des Français, freinant d'autant la consommation.

Cette analyse est-elle partagée par tous les économistes ?

Non, d'autres chercheurs relativisent. Leurs modèles de prévisions montrent qu'un transfert de charges sociales sur les impôts ne bouleverse pas radicalement le flux des recettes publiques (ce qui n'est pas pris d'un côté est, de toute façon, pris de l'autre). Le vrai tord de ces méga-ordinateurs est de réfléchir à court terme (généralement le temps d'une législature) ou, à l'extrême, de se projeter 30 ou 40 ans en avant... ce qui ne nous intéresse pas dans le cas présent. Et puis le logiciel n'intègre pas la dimension psychologique de la décision économique. Il raisonne froidement. Les interlocuteurs conseils des chefs d'entreprises vous l'expliqueront très bien : tous les investisseurs étrangers qui ont aujourd'hui un projet en France s'interrogent sur la santé de notre économie et l'environnement fiscal qui les attend. Il y a dix ans l'hexagone, comptait 130.000 entreprises exportatrices. Aujourd'hui, elles ne sont plus que 117.000. A part quelques grands champions tricolores qui sont partis s'installer (avec l'emploi) dans les pays où sont les marchés, la France souffre d'un manque évident de moyennes entreprises performantes. Au regard de cette situation, quelle dimension doit prendre le " pacte " de compétitivité de François Hollande ? Ca sera l'objet du débat des prochaines semaines... sans forcément passer par Mésange.

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