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Centrale nucléaire de Hinkley Point : EDF se moque du Brexit

Le sujet est ultrasensible chez EDF. Faut-il, oui ou non, construire deux réacteurs nucléaires EPR nouvelle génération à Hinkley Point dans le sud-ouest de la Grande-Bretagne ? La décision finale se profile car une nouvelle étape vient d’être franchie.

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(Hinkley Point en Grande Bretagne © Maxppp)

Petit rappel des faits : les syndicats d’EDF sont hostiles à la construction de deux réacteurs EPR en Grande-Bretagne car ils estiment le projet trop cher (environ 21 milliards d’euros) financé pour 16 milliards par EDF, dont l’endettement approche déjà les 40 milliards… les dépasse même largement selon certains.

Lundi 4 juillet, le comité central d’entreprise d’EDF a refusé de rendre un avis sur le projet lors d’une réunion à caractère consultatif. Les représentants CGT, FO et CFE-CGC ont reproché à la direction de ne pas leur avoir fourni les éléments nécessaires pour pouvoir se prononcer… encore moins pour émettre un avis favorable.

Une action en référé a été engagée par les syndicats – une audience est prévue en septembre – mais la procédure n’étant pas suspensive, la direction d’EDF est bien décidée à aller de l’avant. Le président directeur général Jean-Bernard Lévy voudrait obtenir l’aval de son conseil d’administration courant juillet pour donner le top départ des investissements. 

EDF est une entreprise publique. L’Etat, qui en détient plus de 85%, a son mot à dire

De ce côté, la messe semble dite. La dernière commémoration de la bataille de la Somme a d’ailleurs permis à François Hollande et au Premier ministre britannique David Cameron d’aborder le sujet… référence est faite dans le communiqué final. L’avis est unanime : le projet Hinkley Point doit voir le jour. La Grande-Bretagne en a besoin sur le plan énergétique et, côté français, l’échec des EPR d’Hinkley Point mettrait en porte-à-faux les centaines de salariés. Sans parler de la concurrence, notamment chinoise, qui s’engouffreraient dans la brèche

Projet viable malgré le Brexit

Paradoxalement, le résultat du référendum du 23 juin au Royaume-Uni pourrait donner un coup d’accélérateur au dossier Hinkley Point. Il faut conclure avant qu’un nouveau gouvernement ne soit nommé et ne revienne éventuellement sur les engagements pris par Cameron, sur le départ.

Hinkley Point est un investissement local pour le marché local. Donc, même en cas de coup dur pour la livre sterling, la rentabilité du projet ne serait pas mise à mal. C’est du moins ce que l’on estime chez EDF.

Enfin, selon certains fins connaisseurs du dossier, Hinkley Point est le projet censé rétablir la crédibilité de l’EPR mis à mal à Flamanville, dans la Manche. Reste à savoir jusqu’où l’Etat actionnaire d’EDF acceptera de mettre au pot pour entretenir son prestige énergétique… si tant est qu’il en ait encore les moyens financiers.

(Hinkley Point en Grande Bretagne © Maxppp)