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Tout euro, tout éco. Europe : l'inquiétude du monde agricole

Le Salon de l’Agriculture s’ouvre ce samedi, sur fond d’inquiétude du monde agricole européen. Car comme pour les marchés financiers, le Brexit, l’élection de Trump et la tentation du repli sur soi des Européens effraient le secteur agricole. L’Europe, la superpuissance agroalimentaire mondiale, se fait du souci pour ses exportations.

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Lait de la Ferme des Millevaches intercepté à la frontière franco-belge par la confédération paysanne et le syndicat belge FUGEA.
Lait de la Ferme des Millevaches intercepté à la frontière franco-belge par la confédération paysanne et le syndicat belge FUGEA. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Pour l’agriculture européenne, le garde- manger du monde, jusqu’ici tout va globalement bien puisqu’elle exporte toujours plus qu’elle n’importe, avec un excédent commercial de 9 milliards d’euros. Elle représente 7% des échanges dans le monde. L’agriculture européenne vend les ¾ de ses produits chez elle à d’autres États membres.

Ces quatre champions, la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie exportent avant tout des œufs et des produits laitiers, suivis par la viande, les fruits et légumes, et les céréales. L’Espagne voit ses exportations exploser depuis la crise de 2008, contrairement à la France, pourtant en tête de peloton en Europe qui n’est plus que 3e exportateur européen derrière les Pays-Bas et l’Allemagne.

Des agriculteurs qui n’y arrivent déjà plus

Les agriculteurs européens ont déjà eu à subir l’embargo russe contre les produits européens qui a plombé le revenu de certains de nos agriculteurs, la fin des quotas et la concurrence intra-européenne sur le lait et le porc, qui ont plongé dans la détresse certains exploitants. Et le monde agricole s’inquiète de voir se dresser de nouvelles barrières sur sa route.

Avec le Brexit, et l’élection de Trump, ils redoutent que le taux de change entre la Livre, le dollar et l’euro ne renchérisse leurs produits et les rendent moins compétitifs, ils craignent aussi l’instauration de droits de douane exorbitants. Le TTIP, l’accordÉtats-Unis-Europe, aujourd’hui quasiment enterré, les protège peut-être de la concurrence américaine mais les prive aussi d’un accès facilité à leur premier marché outre-Atlantique. Une opportunité à peine compensée par le CETA, l’accord avec le Canada.

Trouver de nouveaux débouchés

L’Europe sait qu’elle va devoir penser Asie, Afrique et même Amérique du Sud si elle veut conserver sa place de garde-manger du monde. Lors du congrès des agriculteurs européens l’an dernier, le commissaire de l’UE auprès de l’organisation mondiale du commerce, incitait le monde agricole à surfer sur le changement d’habitudes alimentaires des pays émergents. Pour lui, il y a de nouveaux marchés à conquérir en Australie, en Arabie Saoudite, aux Émirats arabes unis ou au Vietnam.

Mais avant même de repenser l’orientation de l’agriculture, le monde agricole européen retient son souffle car, avec les scrutins à venir et la tendance au repli sur soi, c’est peut-être en son propre sein que de nouvelles barrières pourraient s’élever.

Lait de la Ferme des Millevaches intercepté à la frontière franco-belge par la confédération paysanne et le syndicat belge FUGEA.
Lait de la Ferme des Millevaches intercepté à la frontière franco-belge par la confédération paysanne et le syndicat belge FUGEA. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)