Tout et son contraire, France info

Matali Crasset : "C’est tellement un plaisir de réfléchir"

Matali Crasset est designer. C'est même la designer française la plus connue dans le monde, après Philippe Starck. Elle est l'invitée de Philippe Vandel dans "Tout et son contraire". 

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Matali Crasset, designer
Matali Crasset, designer (BERTRAND GUAY / AFP)

On surnomme parfois Matali Crasset "la Jeanne d'Arc du design", à cause de sa célèbre coupe de cheveux. C'est une véritable icône : elle a collaboré avec Ikea et Thomson, elle a conçu des hôtels de luxe et des hôtels Formule 1, de la vaisselle, et même des cabanes. Ses créations sont exposées au MoMa, à New York et au Centre Pompidou à Paris. Elle vient également de créer une série avec Tex, la marque textile des supermarchés Carrefour. Elle propose notamment des peignoirs à 49,9 euros, fabriqués dans des matières nobles.

Les kiosques de la discorde

Matali Crasset a également conçu les futurs kiosques à journaux de la ville de Paris : des kiosques plus spacieux, dans lesquels on pourra attraper et feuilleter les magazines, mais aussi chauffés, donc plus confortables pour les kiosquiers. Mais son projet ne plaît pas à tout le monde : des Parisiens ont lancé des pétitions pour le faire interdire, réclamant le retour des kiosques haussmanniens "classiques". Un coup dur pour Magali Crasset, plutôt habituée à recevoir des récompenses et des compliments : "Ça m’a fait bizarre car je suis très attachée à faire des choses pour les gens. C’était un peu violent, douloureux. Il a fallu que je relativise et que je comprenne". Un prototype de ces kiosques d'un nouveau genre est déjà en place dans le XIVe arrondissement de Paris. Les 360 kiosques seront installés dans la capitale d'ici juin 2019.

De Nathalie à Matali

Matali Crasset a une histoire personnelle plutôt originale. Elle ne vient pas des beaux quartiers : son père, surnommé "Daddy Cool" est agriculteur dans un petit village de la Marne. Un endroit dans lequel la designer a eu du mal à affirmer sa propre personnalité, car il n’y avait pas d’anonymat. "L’anonymat c’est aussi l’idée de pouvoir s’affirmer, de prendre son identité. Là-bas, ce n’est pas possible puisqu’on se connaît tous, raconte Matali Crasset. La façon dont on grandit a beaucoup d’influence sur ce qu’on fait après. J’aime bien faire mon métier".

J’adore réfléchir. Il faudrait que je prenne des pauses, mais c’est tellement un plaisir de réfléchir

Matali Crasset, designer

à franceinfo

Matali ne s'est pas toujours appelée Matali : c'est un surnom que lui a trouvé une petite fille qui n'arrivait pas à prononcer son vrai prénom, Nathalie. Elle a une soeur jumelle, avec laquelle elle a inventé un langage spécifique : "un langage que ne pouvaient pas comprendre nos parents", sourit la designer.

Un appartement fascinant

Matali Crasset fascine tous les journalistes qui sont venus chez elle. La designer travaille ses croquis directement sur la table de sa cuisine. Elle n’a pas de rideaux aux fenêtres, alors qu’elle a des voisins. Elle a même un jacuzzi sur sa terrasse, mais elle ne s'en sert jamais. Plus étonnant encore, elle a installé deux portes d’entrée pour pouvoir accéder aux toilettes "C’est pour montrer cette idée de flexibilité : deux portes, c’est plus pratique !", explique-t-elle. Matali Crasset ne comprend d'ailleurs pas pourquoi l'on construit encore des salles de bain...."Alors qu’on pourrait mettre la baignoire au milieu du salon".

Matali Crasset, designer
Matali Crasset, designer (BERTRAND GUAY / AFP)