Si j'étais ..., France info

Si j’étais... Tylers Swatting, alias Dylan

Nous n'avons pas l'humour des ados ! De toute évidence, le jeune de 16 ans qui serait à l'origine du "canular" qui a fait paniquer des milliers de français le samedi 17 septembre dans le centre de Paris ne s'est pas rendu compte de la gravité de son acte. Karl Zéro s'est donc mis dans la peau de cet adolescent.

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Fausse alerte a la bombe dans le premier arrondissement de Paris, le 17 septembre 2016.
Fausse alerte a la bombe dans le premier arrondissement de Paris, le 17 septembre 2016. (REVELLI-BEAUMONT/SIPA)

Si j’étais Tylers Swatting alias Dylan -16 ans-, je serais toujours entendu à l’heure qu’il est dans les vétustes locaux de la brigade criminelle. Enfin, je ne dirais pas  "vétustes" je dirais  "pourraves" avec ses mots de jeune à lui, mais en même temps je n’ai pas 16 ans, donc permettez moi de traduire sa pensée discursive avec mes mots de vieux à moi. J’aurais donc reconnu dès hier que c’était moi, en compagnie de mon pote (à l’admirable pseudonyme de girl du Crazy Horse):  "Zakhaev Yamaha" qui a eu la riche idée d’appeler les flics samedi après-midi, depuis le petit pavillon de la Marne de mon daron, pour leur dire qu’il y avait une prise d’otages à l’église Saint-Leu, déclenchant une alerte attentat.

Bon, OK, c’est une connerie, m’sieur l’officier, mais quand même moins grave que si j’avais vraiment commis une prise d’otage à Saint-Leu samedi, mettons suite à une ordre reçu de Daech sur la messagerie cryptée Telegram. Trois de mes "collègues" (enfin, trois petits de quinze ans) ne viennent ils pas d’être interpellés ?

Eux, s’ils prennent cher, c’est relou mais je comprendrais, alors que moi la différence ! T’as vu, le Rachid Kassim avec sa barbe ? Je le connais pas, m’sieur le chef, brigadier-chef.

L'ennui engendre la gaffe

Parce que faut comprendre, monsieur le commissaire, que nous les jeunes, et moi Dylan alias Tylers Swatting en tête, on se fait hièch grave ! On s’ennuie puissamment, quoi. Je sais bien que vous, à notre âge, un rien vous amusait: une pince à linge, un morceau de ficelle, des bouchons, un tube de Franck Alamo dans le transistor et vous étiez heureux ! A Noel, vous receviez une orange et vous étiez heureux, votre honneur. La vie était belle, elle était simple en ce temps-là.

Mais nous on a subi, m’sieur l’agent-chef, on a tout subi ! À l’école les profs ils sont jamais là, ils sont toujours en arrêt-maladie. Quand ils reviennent, ils se prennent une patate, hop, ils repartent direct. A la maison, papa tape maman s’il a pas son petit jaune, et en plus c’est pas mon vrai papa, je suis en famille d’accueil ! Et à la télé y'a plus que des trucs pour les plus de 95 ans, surtout depuis que Bolloré il a racheté Canal+ !

Alors ils nous reste quoi à nous ? Le net, là, t’as vu, c’est ouf, y’a tout, c’est de l’a balle, tu peux rejoindre Daech, reluquer des taspés, réfléchir avec Soral, regarder des tutos sur "comment niquer la police", donc comme on n’a que ça, ben on adhère, t’as vu ?

Si Lino Ventura était encore là !

Si j’étais Tylers Swatting alias Dylan -16 ans- suite à cette exposé problématique sur la difficulté d’ être jeune en 2016, je n’aurais probablement pas pris les traditionnels coups de bottin sur la tête, ni les gifles sonnantes qui font  "Kiiii", comme dans les films en noir et blanc avec Lino Ventura où met la lumière en pleine face de l’inculpé en disant: "Bon, on reprend tout du départ… ton nom ?"

Dommage, mais en 2016, cette approche physique est considéré comme désuète, paternaliste, et d’autant plus inutile que les inspecteurs m’ont clairement annoncé la couleur dès le début de mon interrogatoire. "Dylan, tu risques six mois ferme et 30 000 euros d’amende".

Je ne suis pas Tylers Swatting, mais je pense qu’une bonne claque c’est ce qu’il mérite, avec son pote. J’invite donc les pouvoirs publics à faire preuve de clémence, et Lino Ventura à revenir hanter les locaux vétustes de la brigade criminelle.

Fausse alerte a la bombe dans le premier arrondissement de Paris, le 17 septembre 2016.
Fausse alerte a la bombe dans le premier arrondissement de Paris, le 17 septembre 2016. (REVELLI-BEAUMONT/SIPA)