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Planète Sport. Pourquoi la Chine écrase la concurrence en plongeon

Dans une discipline olympique où tout se joue en une fraction de seconde, la Chine ne laisse aucune place au reste du monde. Ses plongeurs sont parmi les meilleurs. Comment expliquer cette suprématie ?

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Cao Yuan et Xie Siyi, vainqueurs du plongeon synchronisé (3 mètres) aux Championnats du monde aquatiques à Gwangju, le 13 juillet 2019.
Cao Yuan et Xie Siyi, vainqueurs du plongeon synchronisé (3 mètres) aux Championnats du monde aquatiques à Gwangju, le 13 juillet 2019. (MANAN VATSYAYANA / AFP)

Planète Sport, le rendez-vous de l’été qui explore les sujets à la lisière entre le sport et la politique, nous emmène aujourd'hui en Chine. Le pays investit beaucoup dans le sport de haut niveau, notamment pour briller aux Jeux olympiques devant les caméras du monde entier. Une des disciplines dans laquelle les athlètes chinois excellent est le plongeon.

Ils l’ont montré en s'imposant aux Jeux olympiques de 2016, à Rio. Le plongeur Yuan Cao s’élance au tremplin 3 mètres hommes. Il exécute parfaitement sa figure et obtient la médaille d’or. Trois ans plus tard, aux Mondiaux de Corée du sud, c’est un autre plongeur, Jian Yang qui décroche l’or en catégorie haut vol, 10 mètres.

La Chine écrase la concurrence : sept médailles d’or sur huit aux JO de 2016, douze sur treize aux derniers Mondiaux.

Une vie d'entraînements

Le plongeur français Mathieu Rosset, qui a participé deux fois aux Jeux, a son idée. "Dès l’âge de 7 ans, ils font 20 heures de sport par semaine et après quand ils sont à leur plus haut niveau ils s’entraînent 50 heures par semaine, ils ne font que ça, ils sont payés pour ça", explique-t-il.

Avec le plongeon, tout peut se passer en une fraction de seconde. Les athlètes chinois ne se posent pas de question, ils sont formatés pour réussir.

Mathieu Rosset

à franceinfo

La Chine sélectionne des athlètes dès le plus jeune âge. Au programme : isolement et entraînement intensif. "En 2012, j’ai croisé une Chinoise qui n’avait pas vu sa mère depuis deux ans, se souvient Mathieu Rosset. Elle a fondu en larmes juste après sa compétition, non pas parce qu’elle avait gagné mais parce qu’elle avait vu sa mère dans les gradins."

Rayonner grâce aux médailles

Avant les années 90, le plongeon chinois ne brillait pas mais Pékin a beaucoup investi dans cette discipline qui repose sur l’explosivité et la répétition. Et puis le plongeon est un sport olympique et donc un objectif pour la Chine, selon Philippe Le Corre, spécialiste de la Chine à la Harvard Kennedy School : "La Chine entraîne ses athlètes de façon permanente et régulière. Les sportifs chinois sont soumis à une grande pression, ils n’ont pas de contact avec leur famille". Pour le spécialiste, c’est une manière pour la Chine "de rayonner et de traduire en termes de softpower ce que la Chine veut être aujourd’hui".

La Chine a appliqué au plongeon une politique éprouvée dans d’autres sports : badminton, tennis de table, gymnastique, haltérophilie. Aux JO, elle rivalise ainsi avec les Etats-Unis. Elle avait même terminé en tête du tableau des médailles aux Jeux de Pékin en 2008.

Cao Yuan et Xie Siyi, vainqueurs du plongeon synchronisé (3 mètres) aux Championnats du monde aquatiques à Gwangju, le 13 juillet 2019.
Cao Yuan et Xie Siyi, vainqueurs du plongeon synchronisé (3 mètres) aux Championnats du monde aquatiques à Gwangju, le 13 juillet 2019. (MANAN VATSYAYANA / AFP)