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Le jour où le Cosmo Jazz Festival d'André Manoukian a fait vibrer les eaux cristallines du Lac Blanc

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Dans "Petite Histoire de Festivals", Yann Bertrand vous raconte les anecdotes, les moments forts de ces petits et grands événements qui n'auront pas lieu cet été ou en tout cas, pas dans leur forme initiale… Aujourd'hui, dans le rétroviseur, un concert magique fort en hallucinations.

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Radio France
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André Manoukian, en juin 2010, en haut de l'Aiguille du Midi, l'une des scènes atypiques du Cosmo Jazz Festival. (MAXPPP/LE DAUPHINE LIBERE)

Aujourd'hui, départ pour le pied du Mont-Blanc, avec un événement qui aurait dû actuellement battre son plein. Le Cosmo Jazz Festival, dans la Vallée de Chamonix, c’est le bébé d’André Manoukian. Et cet après-midi du 27 juillet 2010, c’est le tout premier concert de la toute première édition… "Ce tout premier concert, c'était comme un premier baiser", raconte le musicien.

Mais d'abord, une longue randonnée jusqu’au merveilleux Lac Blanc et ses eaux cristallines. Près de 500 personnes sont venues assister au concert du flûtiste népalais Sunil Dev, dont la musique n’a besoin que de la montagne pour émouvoir. "Juste avant qu'il commence à jouer, quelqu'un vient me voir. Une femme, assez petite, avec des yeux bleus immenses, décrit-il. Elle me dit : 'André, je me présente, je suis Catherine Destivelle. Les plus grands himalayistes de Chamonix sont là !' Elle m'explique alors que lorsque l'on part faire des treks au Népal, il y a des musiciens partout."

Et Catherine Destivelle, la célèbre alpiniste et grimpeuse, m'a remercié d'avoir ramené cette musique dans sa vallée. À ce moment-là, je me suis dis qu'on avait réussi à taper juste.

André Manoukian

à franceinfo

Autour du lac, les spectateurs sont captivés, happés par cet environnement monumental. André Manoukian, lui "regarde l'eau, et tout d'un coup, je vois quelque chose qui s'avance tout doucement. Je me suis mis à penser que ça devait être un dauphin parce que ça paraissait tout lisse." La montagne est propice à tous les délires, il faut dire. "Et en fait, c'était le crâne chauve d'un copain, un fou qui s'appelle Pascal. Il s'était mis à l'eau de l'autre côté du lac et donc on ne l'avait pas vu arriver. L'eau était à 7 degrés quand même !", se rappelle-t-il en riant.

"Ensuite, il est sorti de l'eau, tout doucement, sans faire de bruit, par respect pour les musiciens. Et là, ce n'était pas un slip qu'il avait ou sinon l'un de ceux que l'on portait du temps de Jésus Christ, si vous voyiez ce que je veux dire, continue l'artiste avec un grand sourire. C'était génial parce qu'on était tous entre l'émotion et le rire." Une philosophie qui colle au festival, imaginé au coeur des montagnes et qui mesure chaque année sa chance de disposer d’une telle scène naturelle, à l’acoustique inégalable.

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