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Être jeune en 2020 : On ne grandit plus, on vieillit

Journée spéciale jeune sur franceinfo vendredi. Les jeunes prennent la parole. Ça n'a pas échappé à Olivia Leray.

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Un groupe de jeunes masqués dans une rue. Photo d\'illustration.
Un groupe de jeunes masqués dans une rue. Photo d'illustration. (BSIP / UNIVERSAL IMAGES GROUP EDITORIAL)

Marc Fauvelle m'a dit quelque chose ce matin : Est-ce qu'on peut dire que les jeunes ont le "seum" ? Ce à quoi j'ai répondu, c'est toujours un peu gênant quand les vieux essayent de parler comme les jeunes. Alors qu'au fond, c'est vrai, on a le "seum" en ce moment, on prend cher, j'aurais même pu vous dire, c'est la "hess", la misère. Mais il ne faut pas croire tout ce qu'on dit sur nous. Non, vraiment faut pas croire.

Notre hymne : La bamboche, c'est terminé

Alors oui en 2020 on a le "seum", notre hymne c'est plus la bamboche c'est terminé. On est pas plus con d'ailleurs on est juste jeunes, jeunes et déjà vieux en fait. Depuis janvier, on ne grandit plus, on vieillit. Non, c'est vrai, on est prêt, on a le thé, le plaid, on se couche à 21h30, cela ne nous était pas arrivé depuis la 6e, on tourne en rond, on danse dans le salon alors qu'on voulait sauver le monde. On adore vivre votre vie, on joue aux dés, on a poncé à peu près tous les meubles de l'appartement, et loupé quasiment tous les flirts qui font passer l'hiver au chaud. Mais, on n'a pas juste le "seum".

On ne fait pas que se plaindre, on s'adapte

On est dans cette grande salle d'attente de toute façon, et on attend beaucoup. On n'avait pas envie d'y aller chez ce dentiste alors encore moins d'attendre mais quand il faut y aller, faut y aller. On ne se pose plus les mêmes questions c'est vrai, mais on célèbre des victoires sur nous, des victoires qu'on n'aurait même pas pensé célébré. On pleure, parce que ça fait mal, mais ce n'est plus pour rien, c'est pour de vrai.
Quand tout est hostile, quand rien n'est stable, on se bat, on puise dans les réserves, on ralentit. On freine. Mais ce n'est pas mal parfois. Et puis aussi, beaucoup, et ça fait du bien, peut-être, sûrement, on cherche de la gaieté, de la beauté partout, dans les recoins les plus infimes, là où on ne serait jamais allé. On accepte la tendresse qu'on aurait balayé d'habitude, on trouve la parade pour surmonter les gifles, c'est de la résilience, de la patience. Et on n'en veut à personne.
C'est ça être jeune en 2020.

     

Un groupe de jeunes masqués dans une rue. Photo d\'illustration.
Un groupe de jeunes masqués dans une rue. Photo d'illustration. (BSIP / UNIVERSAL IMAGES GROUP EDITORIAL)