Nouveau monde, France info

Reconnaissance faciale : les algorithmes peuvent reconnaître l’origine ethnique

La Chine est soupçonnée de faire de la reconnaissance ethnique des Ouïghours.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Des caméras de vidéosurveillance. Photo d\'illustration.
Des caméras de vidéosurveillance. Photo d'illustration. (FREDERIC SCHEIBER / HANS LUCAS)

Le footballeur Antoine Griezmann a décidé, jeudi, de rompre son contrat commercial avec la marque chinoise Huawei. Le géant de l’électronique aurait aidé à mettre au point des technologies de reconnaissance faciale pour identifier les populations opprimées Ouïghours.

C’est un organisme américain indépendant spécialisé dans l’analyse des systèmes de surveillance vidéo à travers le monde, IPVM, qui a sorti l’affaire publiée par le Washington Post. Selon IPVM, la firme chinoise Huawei aurait collaboré en 2018 avec une autre société chinoise, Megvii, spécialisée dans la reconnaissance faciale. Celle-ci aurait mis au point une fonction baptisée "alerte Ouïghour" ayant pour but de prévenir automatiquement la police si des Ouïghours étaient détectés par les millions de caméras de surveillance présentes en Chine.

Huawei France précise dans un communiqué qu’elle n’est pas à l’origine elle-même de cette technologie et qu’elle n’a fait que fournir du stockage pour les images vidéo dans son cloud informatique. Les deux entreprises affirment, par ailleurs, que la fameuse "alerte Ouïghour" était seulement un test et que la fonction n’a jamais été mise en service.

Une technologie déjà utilisée dans la publicité

La reconnaissance faciale ethnique est une réalité. Par exemple, aux États-Unis, la marque de cosmétiques Revlon s’en sert pour analyser les goûts en maquillage en fonction des origines. Elle a utilisé, selon le Wall Street Journal, une solution développée par une société américaine qui s’appelle Kairos pour analyser des millions des photos publiées sur Instagram et voir quel type de rouge à lèvres préfèrent les femmes noires, les femmes blanches.

La reconnaissance ethnique est un sous-domaine de ce qu’on appelle "l'analyse faciale". C'est-à-dire l’utilisation de l’intelligence artificielle pour déterminer des paramètres comme le genre, l’âge, l’émotion ressentie à un certain moment ou l’origine ethnique. Cela commence à être très utilisée en publicité, notamment pour adresser des publicités ciblées. Cela pose cependant des questions, par exemple, si ces éléments étaient pour décider de l’attribution de prêts immobiliers ou pour des embauches dans les entreprises.

C’est toute la question de l’éthique dans l’intelligence artificielle, qui nous rappelle que les technologies existent et que tout dépend des applications qui en sont faites.

Des caméras de vidéosurveillance. Photo d\'illustration.
Des caméras de vidéosurveillance. Photo d'illustration. (FREDERIC SCHEIBER / HANS LUCAS)