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Nouveau monde. La messagerie chiffrée Telegram victime d'une cyberattaque et accuse la Chine

Le créateur de la messagerie accuse l'Etat chinois d’agir ainsi en réaction aux manifestations à Hong Kong.

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L\'application russe Telegram sur un smartphone.
L'application russe Telegram sur un smartphone. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)

Telegram est une messagerie privée, comme WhatsApp, qui permet de dialoguer dans des groupes qui peuvent accueillir un grand nombre de personnes. Créée en 2013 en Russie par deux informaticiens, les frères Nicolaï et Pavel Dourov, Telegram présente la particularité d’offrir un très haut niveau de confidentialité grâce à un chiffrement des données de bout en bout. Les conversations sont donc, en principe, impossible à intercepter, même par des services de renseignements (il n’y a jamais de certitudes en matière de sécurité informatique). De nombreuses personnes utilisent Telegram, y compris, par exemple, des hommes et femmes politiques français.

Une attaque par déni de service

Selon le fondateur de Telegram, Pavel Durov, l’État chinois serait derrière ces attaques à cause des importantes manifestations qui ont lieu actuellement à Hong Kong (contre un projet de loi qui permettrait les extraditions vers la Chine). Premier indice : les attaques proviendraient d’adresses IP chinoises. Deuxième indice : il s’agirait d’attaques sous forme d’envois massifs de données (200 à 400 Go à chaque fois) comme seul un État peut le faire. Troisième indice : chaque vague d’attaque coïnciderait avec les manifestations à Hong Kong.

Les attaques contre Telegram sont de type "par déni de service", c'est-à-dire par saturation des serveurs suite à l’envoi de données inutiles via des botnets. Les responsables de Telegram explique, de manière imagée, que c’est comme si une armée de lemmings passait devant vous au fast-food pour commander un hamburger et que le serveur leur expliquait un par un qu’ils ne sont pas au bon endroit ; forcément, il ne peut plus vous voir et s’occuper de vous.

Désorganiser à défaut d'espionner

Les manifestants de Hong Kong utilisent massivement les messageries chiffrées comme Telegram pour s’organiser. Mais cette attaque ne signifie pas que la Chine espionne ce que les hongkongais se disent sur Telegram. D’abord, on peut penser que c’est difficile puisque les échanges sont en principe chiffrés. Surtout, cela s’avère sans doute plus intéressant de perturber les communications, en "cyber bombardant" Telegram, pour la rendre inopérante afin de désorganiser les manifestants.

L\'application russe Telegram sur un smartphone.
L'application russe Telegram sur un smartphone. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)