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Nouveau monde. Comment le coronavirus 2019-nCoV perturbe le secteur de la technologie

C’est un virus bien réel, non pas informatique, mais il commence à perturber sérieusement l’univers high-tech. Plus encore que d’autres secteurs, le numérique est en effet très dépendant de la Chine.

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Un bureau de recrutement Foxconn à Shenzhen, dans la province du Guangdong, dans le sud de la Chine (illustration).
Un bureau de recrutement Foxconn à Shenzhen, dans la province du Guangdong, dans le sud de la Chine (illustration). (STR / AFP)

Le secteur de la technologie repose en grande partie sur la Chine. Près de Huwan, on fabrique des écrans (Groupe Tsinghua). À Shenzhen, au sud-est du pays, on produit des puces et des produits entiers (usines Foxconn, Pegatron). La production de l'usine Foxconn, qui fabrique notamment l’iPhone d’Apple, est arrêtée jusqu'au 10 février, conformément aux instructions du gouvernement. Cela risque de perturber la chaîne d’approvisionnement pour les actuels iPhone et les futurs smartphones de la marque américaine.

Apple a fermé tous ses magasins en Chine. Tim Cook a exprimé une pensée pour les victimes et les personnels chinois, récemment, lors de l’annonce des résultats financiers de l’entreprise, non sans cacher ses préoccupations sur la production des produits de la marque. Comme dans d'autres secteurs, plusieurs entreprises high-tech ont également interdit à leurs collaborateurs de voyager en Chine, ce qui perturbe encore les activités.

Infox et hameçonnage

Ce n'est pas tout. En marge des questions économiques, le coronavirus a également des effets dans la sphère numérique en terme de désinformation et d’escroqueries sur Internet. Les infox (fake news) se multiplient, notamment sur les réseaux sociaux : théories du complot selon lesquelles le virus aurait été mis au point volontairement pour des raisons politiques et économiques, fausses informations sur la propagation ou sur les modes de contamination sans oublier les faux remèdes absurdes comme boire de l’eau de javel. Contre cela, Facebook a ressorti sa stratégie anti-fake news qui consiste principalement en deux points : mise en garde contre les fausses informations et valorisation des informations certifiées. En Chine, les personnes en quête d’informations fiables ont tendance à se replier sur les réseaux sociaux Weechat , Whatsapp ou Telegram où se créent des petits groupes permettant de partager des informations fiables. Côté escroqueries, les inévitables tentatives de phishing (hameçonnage) se multiplient. Des vagues d'e-mails tentant de capter des données personnelles en jouant sur la peur du virus se répandent sur la Toile.

L’IA contre le coronavirus ?

Mais la technologie apporte aussi sa pierre à l'édifice en matière de gestion de la crise. De nombreux outils technologiques sont sollicités : détecteurs de températures connectés dans les lieux publics, robots d’analyses dans les hôpitaux chinois ou de pulvérisation de désinfectants dans les avions, drones pour mettre garde les populations sans oublier des robots conversationnels par téléphone pour informer les habitants.

La technologie pourrait-elle aller plus loin ? Des entreprises développent des initiatives faisant appel à l’IA pour le dépistage, l’étude de la propagation ou encore l’optimisation des mesures de quarantaine (source). Par exemple, l’entreprise canadienne BlueDot, spécialisée dans le Big Data, a détecté le coronavirus fin décembre, avant les autorités sanitaires.

Un bureau de recrutement Foxconn à Shenzhen, dans la province du Guangdong, dans le sud de la Chine (illustration).
Un bureau de recrutement Foxconn à Shenzhen, dans la province du Guangdong, dans le sud de la Chine (illustration). (STR / AFP)