Les grands défis technologiques de demain : l’avion hypersonique à hydrogène

Le défi technologique du jour, c’est l’avion hypersonique autrement dit un avion encore plus rapide que le Concorde. Et un avion propre puisqu’il fonctionnera à l’hydrogène.
Article rédigé par Benjamin Vincent
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 517 min
Destinus, l’avion hypersonique européen, espère rallier Paris à New York en 90 minutes dès 2031 en volant dans la stratosphère. (DESTINUS)

Le défi technologique, c’est Paris-New York en 90 minutes, à plus de 6.000 km/h : trois fois plus vite que Concorde, six fois plus vite qu’un avion de ligne. Et cet avion n’est pas un fantasme. Les Chinois ont déjà un véhicule planant hypersonique. Nom de code : WU-14. C’est un engin militaire, sans passager, et cela fait déjà quatre ans qu’il est entré en service officiellement.

Ailleurs, plusieurs projets civils, destinés cette fois au transport de passagers, sont en cours : Hermeus et Venus Aerospace aux États-Unis, Hypersonics en Australie et Destinus en Europe, très visible depuis un mois. On a aperçu un premier prototype à Viva Tech, mi-juin. On l’a retrouvé, quelques jours plus tard, cette fois au salon de l’aéronautique et de l’espace du Bourget.

Imaginez un appareil à mi-chemin entre un avion de chasse et la navette spatiale américaine. Le dessous est presque plat, les ailes sont très courtes, dans le prolongement du fuselage. Ajoutez deux ailettes à 90° à l’arrière.

Mi-avion de chasse, mi-navette spatiale, objectif 2031

Deux versions de Destinus sont prévues : la première, Destinus S, correspondra au petit modèle : 25-30 passagers maximum. La deuxième version, Destinus L, aura une capacité équivalente à un Airbus A340-400, soit un peu plus de 300 passagers. Il pourra rallier n’importe quel aéroport dans le monde.

L’objectif, c’est 2031 si tout va bien, pour le premier vol commercial et donc dans 8 ans. D’ici là, il reste beaucoup de travail et de tests à réaliser pour Destinus dont la maison mère est en Suisse avec des bureaux à Paris, Toulouse, Madrid, Munich et aux Pays-Bas.

Le développement passe par cinq prototypes numérotés de 1 à 5 qui doublent de taille à chaque fois. À ce jour, les deux premiers ont volé avec de l’hydrogène gazeux. La prochaine étape, en juillet 2024, ce sera le passage à Destinus 3 et à de l’hydrogène liquide pour la postcombustion, avec des vols d’essai depuis l’ancienne base aéronavale de Rochefort, en Charente-Maritime : l’hydrogène qui devrait remplacer le kérosène progressivement jusqu’à Destinus 5, si tout va bien à la fin de la décennie. Dernier « détail » : le vol sera entièrement automatisé, il n’y aura donc pas de pilote dans l’avion !

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