Filtre anti-arnaque et Cyber-Score, futurs outils de la “cybersécurité du quotidien“

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Les cyberattaques ont quadruplé en France, en un an. Corbeil-Essonnes, Caen, Chaville : autant d’exemples récents qui ont visé des hôpitaux ou des collectivités. D’où la nécessité de nouveaux outils que Jean-Noël Barrot, le ministre délégué, chargé du Numérique, a présentés, jeudi, au Campus Cyber près de Paris.

Article rédigé par
Benjamin Vincent - franceinfo
Radio France
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Jean-Noël Barrot, ministre délégué chargé de la Transition numérique et des Télécommunications (à gauche), dans la salle Cyber Expériences du Campus Cyber à Puteaux, qui sera opérationnelle le 31 janvier 2023. (BENJAMIN VINCENT)

Au premier étage de cette tour flambant neuve de Puteaux (Hauts-de-Seine), c’est un lieu unique au monde : la salle “Cyber Expériences“. Une salle cognitive et immersive, sans fenêtre, imprégnée d’une intense lumière bleue. Face à un écran qui occupe toute la largeur du mur, 18 postes de travail – avec fauteuils de gamers en simili cuir et casques-micros – attendent d’éprouver les cyber-défenseurs français dans les pires conditions de stress. Une salle prête à mesurer leurs réactions :

“On peut jouer sur un tas de paramètres : les couleurs, les lumières, le son“, explique Olivier Feix du groupe Galileo. Pour mesurer les réactions des participants, la salle est truffée de capteurs : des capteurs rétiniens, des capteurs d’émotions à travers des caméras assez sophistiquées et puis des bracelets de mesure de paramètres biométriques“, précise Olivier Feix.

Cette salle de 18 places a coûté, à elle seule, un million d’euros. Elle sera opérationnelle le 31 janvier 2023. Et à en croire l'équipe dirigeante du Campus Cyber, le monde entier l'envie déjà à la France.

"Le filtre anti-arnaque, un outil simple, gratuit et facultatif."

Jean-Noël Barrot, ministre délégué chargé de la Transition numérique et des Télécommunications

à franceinfo

La cybersécurité, en cette fin 2022, ce sont aussi de nouveaux outils numériques sur lesquels planche le gouvernement. L’urgence, c’est “la cybersécurité du quotidien“ a déclaré Jean-Noël Barrot, ministre délégué chargé de la Transition numérique et des Télécommunications. La priorité, c’est donc de sécuriser, en amont, les sites et les applis. C’est la vocation de la plate-forme “Mon service sécurisé“, un service préventif déjà accessible en version préliminaire, qui doit ouvrir officiellement fin novembre et il y a urgence : 500 demandes d’assistance sont déposées, chaque jour, sur le site cybermalveillance.gouv.fr. Des SOS qui signifient que les cyberattaques sont en cours, et qu’il est parfois déjà trop tard.

Après le Nutri-Score : le Cyber-Score

Le 1er octobre 2023, à présent, préparez-vous à voir apparaître le Cyber-Score, prévu par la loi du 3 mars 2022 pour la mise en place d'une certification de cybersécurité des plateformes numériques destinées au grand public, sur le modèle du Nutri-Score pour les aliments. Il représentera, visuellement, le degré d’immunité de chaque site ou appli et il permettra ainsi d’être alerté(e) d’un éventuel risque avant de confier nos données personnelles. 

Et puis, en 2024, le filtre anti-arnaque, promis par Emmanuel Macron dans son programme de campagne pour sa réélection – devrait nous éviter d’atterrir sur des sites malveillants. Jean-Noël Barrot promet un outil “gratuit, simple et facultatif“ à installer dans Chrome, Firefox ou Safari notamment. Une version test – à l’état de beta arrivera, l’été prochain.

Reste, enfin, les gestes les plus simples pour se protéger. En effet, le COVID n’est pas le seul à disposer de ses gestes barrières : la cybersécurité aussi, à l’échelle individuelle. Et le ministre de rappeler ces mesures élémentaires : changer de mot de passe régulièrement, sauvegarder ses données, ne pas répondre aux mails non sollicités et ne pas cliquer sur les liens douteux.

Pour faire passer les différents messages, après le succès du Bureau des légendes – et la multiplication par 4 des candidatures à la DGSE  le Campus Cyber travaille sur une série française autour de la cybersécurité pour faire connaître ces métiers, avec 15.000 postes à pourvoir… d’urgence.

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