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Surmonter les épreuves de la vie

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Faire face aux difficultés de la vie, c'est le thème du dossier central de "Psychologies Magazine" ce mois-ci, dans lequel sont abordés la crise de couple, le licenciement ou encore la maladie. Quel est le point commun entre tous ces événements, au delà du seul fait qu'ils soient, évidemment, douloureux ? Eléments de réponse avec Anne-Laure Gannac, de "Psychologies Magazine".
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
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La perspective d'être confronté à des
épreuves renvoie toujours à un même sentiment de
solitude, d'exclusion, d'isolement. Si je me retrouve sans emploi, ou sans
partenaire, ou encore malade, c'est cela que je risque : l'exclusion du
monde "normal", celui des gens bien portants, heureux en couple,
actifs.

Le poids de la norme sociale

Une
société qui mise davantage sur la consommation que sur le lien social favorise
surtout ces peurs de la solitude et bien sûr de la perte, de la "dépossession". Ce
sentiment de vulnérabilité n'est pas qu'à imputer à la société ; il est,
en réalité, très intime puisqu'il fait toujours écho à ce que la psychanalyse
appelle une détresse originelle. C'est-à-dire celle du petit enfant dépendant
totalement de l'autre, de sa mère, pour survivre. Donc chaque épreuve vient réveiller
d'une manière ou d'une autre cette angoisse profonde et ce sentiment
intrinsèque de vulnérabilité.

Des repères et des habitudes bousculés

Ces peurs nous obligent à nous remettre profondément en
cause, mais pas seulement dans nos habitudes : dans le regard que nous
portons sur nous-mêmes, et dans notre moi profond. Dans ces expériences douloureuses nous sommes obligés de nous confronter à nos
fragilités, mais aussi, à l'inverse, à nos potentialités et à des forces de vie
qu'on ne soupçonnait pas. Donc cela ne veut pas dire que l'on devient un paria,
un exclu, mais qu'on devient en effet, un peu, un autre. Et cela, c'est
essentiel d'en avoir conscience, pour faire face.

La résistance des uns et des autres

Nous ne sommes pas tous égaux en la matière et l'on
peut même être surpris par des gens que l'on croyait fragiles et qui
parviennent à surmonter des drames sans nom, quand d'autres, apparemment
solides, s'effondrent au moindre échec.

D'un point de vue physiologique, on
peut dire que c'est affaire de dosage de dopamine et de sérotonine sécrétés par
le cerveau. Sans doute, sauf que ces taux, eux aussi, sont sujets à des
fluctuations au cours d'une vie.

D'un point de vue psychologique, il est
certain que des personnes qui ont une bonne base narcissique ont une image
d'elles-mêmes solide et elles ont confiance en leurs ressources. Mais là
encore, ces forces fluctuent, puisque toute personnalité, même solidement
cuirassée, à des failles. Et d'ailleurs, il n'est pas rare de voir des gens qui
vont surmonter des grands drames et qui vont s'effondrer à la suite d'un autre,
a priori bien moins grave.

Le soutien des proches

Le soutien des proches ou d'inconnus est important parce qu'à travers l'épreuve, on se découvre aussi autrement
avec les autres. Ce n'est
pas que de l'épanchement nombriliste ; c'est surtout le signe qu'en cas de
difficulté ce qui fait peur c'est l'isolement, donc, que ce qui est recherché c'est le soutien ou le rapprochement avec des
personnes qui ont vécu des choses semblables. Parce qu'on sait, on sent qu'il
ne peut pas y avoir d'épreuves dépassées seul. Et ça, c'est une vraie
reconnaissance de cette vulnérabilité qui nous constitue et qu'on essaie de se
cacher la plupart du temps.

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