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Micro européen. La Roumanie, entre espoirs et départ

Résultat des dernières élections législatives du 6 décembre en Roumanie : une confiance très mesurée sans blanc-seing. Et seulement un Roumain sur trois est allé voter, une abstention record.

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Timisoara, ville symbole de la révolution de 1989 en Roumanie. 
Timisoara, ville symbole de la révolution de 1989 en Roumanie.  (GETTY IMAGES / EYEEM)

Les élections législatives en Roumanie, le 6 décembre dernier, ont suscité un certain intérêt, tant les résultats furent au-delà ou en deçà des pronostics. Si les libéraux au pouvoir, PNL, s’attendaient à un score de 50%, ce dernier fut de 25,4%, quand les sociaux-démocrates du PSD, parti d’opposition ont fait un score de 30%, risquant de mettre à mal le gouvernement du président Klaus Johannis.  

Mais ce dernier compte bien rester au pouvoir, en s’alliant tout d’abord avec le jeune parti USR-PLUS, troisième force politique du pays, qui a été crédité de 14,8% des voix. Comme nous l’a expliqué notre invité, le journaliste et écrivain Radu Ciobotea, cette percée du PSD - soit les anciens communistes roumains - serait due à la gestion de l’épidémie de Covid et à la crise économique, près de quatre millions de Roumains ayant quitté ces dernières années la Roumanie, pour trouver un emploi en Europe de l’Ouest.  

Une autre formation fera partie de l’alliance, le Parti magyar, le parti hongrois UDMR, qui entre au parlement avec 6% des voix. Cette triple alliance va permettre au président Johannis d’écarter les “sociaux-démocrates” des marches du pouvoir, et point important, c’est une alliance de partis très européens. Mais ces élections ont vu aussi la percée d’un parti nationaliste et orthodoxe, l’AUR, qui entre au Parlement avec 9% des voix. Enfin, seulement un Roumain sur trois est allé voter, donc une abstention record pour ce scrutin.  

Un militaire à la tête du gouvernement  

Suite à la démission du chef du gouvernement, Ludovic Orban, le 7 décembre, le Président Johannis a nommé comme chef du gouvernement par intérim, l’ancien chef d’État-major et ministre de la Défense, Nicolae Ciuca. Les spécialistes s’accordent à dire que Nicolae Ciuca se maintiendra à ce poste, à la formation du nouveau gouvernement.  

Un gouvernement qui aura fort à faire, parce que la crise du Covid touche fortement la Roumanie. Pour un peu plus de 19 millions d’habitants, le virus Covid-19 a touché 582 786 personnes, cas confirmés, et a provoqué 14 157 décès, soit 738 personnes par million d’habitant. Les personnels soignants manifestent, l’état de dégradation des hôpitaux est de pire en pire : manque de moyens, manque de lits, et dernièrement, un incendie a fait 10 victimes dans un hôpital de Bucarest. En somme, les hôpitaux roumains sont au bord de l’effondrement dans tout le pays, et on hésite beaucoup à s’y rendre.  

Timisoara, ville symbole de la révolution roumaine 

Quant à Timisoara, ville où réside Radu Ciobotea, cette ville est le symbole de la révolution roumaine de 1989, puisque c’est de cette cité qu’est née la révolution, le 17 décembre 1989. Timisoara, une ville qui a tenu contre les forces communistes du pouvoir de Ceausescu. Et cette ville a gardé son audace. Pour preuve, elle a élu comme maire un citoyen allemand, candidat de l’alliance USR-PLUS avec plus de 50% des voix, le 27 septembre dernier. Arrivé en Roumanie à l’âge de 19 ans, en tant qu’humanitaire dans un orphelinat, il en a aujourd’hui 37. 

Dominic Fritz n’est pas un néophyte en politique, il fut chef de cabinet de l’ancien président de la République fédérale allemande, Horst Köhler, de 2004 à 2010. Entretemps, Dominic Fritz avait fait de nombreux séjours à Timisoara. C’est un message très fort envoyé par les électeurs à l’ancienne garde politique roumaine. Ici, les Roumains n’ont qu’un désir, en finir avec un système et une classe politique corrompue et interlope. 

Timisoara, ville symbole de la révolution de 1989 en Roumanie. 
Timisoara, ville symbole de la révolution de 1989 en Roumanie.  (GETTY IMAGES / EYEEM)