26 décembre 1991, l’effondrement de l’URSS

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Focus aujourd'hui sur un anniversaire, celui des 30 ans de la chute de l'URSS, en décembre 1991 avec Vladimir Fédorovski, l'écrivain et ancien diplomate russe d'origine ukrainienne, aujourd'hui français.

Article rédigé par
José-Manuel Lamarque - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Une image prise le 18 décembre 1991 : elle montre les drapeaux soviétique (à gauche) et russe, flottant au-dessus du Kremlin, entre les tours de la Porte Spasskaïa à Moscou sur la Place Rouge. Les drapeaux soviétiques seront descendus pour la dernière fois le 31 décembre 1991 et remplacés par les drapeaux russes, marquant la fin de l'Union soviétique.  (ALAIN-PIERRE HOVASSE / AFP)

L'effondrement de l'URSS débute durant les années 70 et plus fortement durant les années 80, à commencer par le doute qui s’installe au sein de l’élite soviétique, la Nomenklatura. Les différents épisodes des soviétiques dissidents et des samizdats (écrits sous le manteau), ont aussi procédé au début de la fin de l’URSS.

Alexandre Soljenitsyne, Alexandre Zinoniev, Alexandre Ginsburg, Andreï Sakharov et tant d’autres ont fait entendre d’autres voix, en URSS mais surtout à l’étranger, et peu à peu le rideau a commencé à se déchirer. Mais le premier ouvrage à jeter le premier pavé dans la mare fut l’ouvrage de Viktor Kravchenko, J’ai choisi la liberté, publié en 1947, bien trop tôt, car deux années après la fin de la Seconde Guerre mondiale, nul ne voulait entendre une voix dissidente d’un des vainqueurs de la guerre, l’URSS.

Au sein du pouvoir, il y avait ceux et celles qui voulaient maintenir l’Union soviétique en l’état, sans vouloir comprendre que le sable du sablier s’épuisait. D’autres, étaient plus réalistes, et comprenaient qu’il fallait anticiper les choses.

Bien avant Mikhaïl Gorbatchev, un homme savait que le vent tournait, le puissant patron des services de sécurité, de renseignement et du contre-espionnage soviétique, le KGB (Комитет государственной безопасности), Iouri Andropov. Andropov, avant qu’il ne succède à Leonid Brejnev, avait obtenu de nombreuses études et données prouvant que l’Union soviétique n’en avait plus pour très longtemps.

Ainsi Andropov avait lancé en grand secret un plan de réforme assurant l’avenir de son service, le KGB, soit une projection dans le futur de cet organisme, n’oublions pas que l’actuel président de la Russie, Vladimir Poutine, était un officier supérieur du KGB qui a connu ces "réformes"… 

Un semblant d’équilibre 

Il est évident que le quotidien des Soviétiques avait beaucoup changé depuis la mort de Staline en 1953. Sur trois décennies, il était toujours évident que l’on ne pouvait toujours pas s’opposer au régime, encore moins le faire savoir. Mais, si les campagnes russes restaient bien en retard, la vie citadine avait beaucoup changé, s’était modernisée, malgré l’absence de biens de consommation, mais dans la tradition russe du "village Potemkine", l’URSS était un "village Potemkine" à elle seule.

L’armée russe, armée rouge, conservait sa puissance, mais avait connu une immense défaite en Afghanistan. L’économie, l’industrie, tout ce qui dépendait du pouvoir soviétique et dont ce dernier traçait les grandes lignes par les fameux plans quinquennaux, les années 70 et 80 montraient l’inefficacité du système.

Une blague russe de l’époque montrait Lénine, Staline, Khrouchtchev et Brejnev dans un train. Le train ne partant pas, Lénine était allé à la locomotive, faisant fusiller les contre-révolutionnaires, assurant que le train allait partir, mais le train ne partait pas. Idem pour Staline fusillant les trotskystes, mais rien. Idem pour Khrouchtchev réhabilitant tout le monde, mais toujours rien. Enfin Brejnev restant assis, déclarait, "Faisons comme si nous roulions". L’humour russe a toujours très bien dépeint la réalité du pays.

Ce qui a secoué aussi le système fut l’effondrement des cours du pétrole en 1986, ici l’URSS voyait s’éloigner la possibilité de connaître des revenus réguliers, et accentuait le ralentissement de l’économie. Mais il ne faut point oublier la corruption qui sévissait et dont l’ère Brejnev avait accentué le phénomène. 

URSS 

L’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (CCCP, Союз Советских Социалистических Республик) elle, était composée de la Russie, l’Ukraine, la Biélorussie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Moldavie, la Géorgie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Turkménistan, L’Ouzbékistan, le Kazakhstan et le Kirghizistan, soit 15 républiques dont la seule unité était la mainmise du pouvoir central de Moscou.

La région du Caucase qui, déjà sous le Tsar, donnait du fil à retordre à la Russie, cette région recommençait sous l’URSS à donner des sueurs froides au Kremlin, dès la fin des années 70 avec la Géorgie, fin des années 1980 avec l’Arménie et la région du Haut-Karabakh, l’Azerbaïdjan dès 1990, puis ce fut la question de la Tchétchénie en 1991.

Dès le début de ces années 90, les pays baltes, eux aussi, suivront l’exemple du Caucase en déclarant leur indépendance qui sera effective pour les anciennes républiques soviétiques en 1991. Enfin, s’il fallait "trouver" le signal de la fin de l’URSS, à n'en pas douter, il s’agirait bien de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, le 26 avril 1986. Et en ce début du mois de janvier 2022, 30 ans après l’effondrement de l’Union soviétique, la Russie reste le plus grand pays au monde, et va fêter le nouvel an russe orthodoxe le vendredi 14 janvier prochain. Comme nous l’a souhaité notre invité Vladimir Fédorovski, ainsi "Bonne année !" en russe, S’Novim Godom (С Новым годом!).  
 
 

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