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Les Informés. "Il faut dynamiter l'appareil" du Parti socialiste

Quelle majorité pour La République en Marche ? Et quel avenir pour le Parti socialiste ? Deux questions qui ont partagé les invités des Informés lundi soir. 

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Le siège du Parti socialiste après la passation de pouvoir entre François Hollande et Emmanuel Macron, le 14 mai 2017. 
Le siège du Parti socialiste après la passation de pouvoir entre François Hollande et Emmanuel Macron, le 14 mai 2017.  (NICOLAS KOVARIK / MAXPPP)

Législatives : top départ ! 

Pour François d’Orcival, éditorialiste à Valeurs Actuelles, les élections législatives de 2017 sont inédites : "Tout change" avec l'élection d'Emmanuel Macron. Le traditionnel clivage gauche-droite est éclaté, et "le débat auquel nous assistons est un débat entre Emmanuel Macron et la droite, la droite qui n'est plus celle de François Fillon mais des Républicains." 

"On a vécu avec cette élection présidentielle un contexte totalement imprévisible" a complété Juliette Méadel, candidate PS aux élections législatives et ancienne secrétaire d’État. Le Président de la République arrivera-t-il à former une majorité ? À rallier femmes et hommes politiques de droite comme de gauche sous l'étiquette En Marche ? "Les recompositions seront successives et se feront à chaque texte qui sera discuté" a prédit Juliette Méadel, qui imagine "une majorité mouvante" composé "d'ex LR" et "d'ex PS", qui "changera tout au long du quinquennat".

Emmanuel Macron fait-il du Nicolas Sarkozy ?

Emmanuel Macron a formé un gouvernement pluriel, au sein duquel socialistes, centristes et républicains se retrouvent. Essaie-t-il d'imiter Nicolas Sarkozy et son "ouverture" en 2007 ? "Une chose est de faire du débauchage, une autre de conduire une stratégie politique en intégrant des gens de différents horizons." a nuancé Michel Urvoy, éditorialiste politique de Ouest France. "En terme de résultats aux législatives, ça va être important. Il y a une proportion forte de l'électorat de François Fillon qui va voter pour les candidats d'Emmanuel Macron au second tour " a-t-il développé. 

C'est la même stratégie que Sarkozy, mais en la poussant beaucoup plus loin : Emmanuel Macron ne se limite pas à faire de l'ouverture, il propose carrément une grande coalition. 

Thomas Guénolé, politologue

à franceinfo

Mais pour Thomas Guénolé, politologue, "la méthode [d'Emmanuel Macron] est la même" que celle de Nicolas Sarkozy, "c'est l'effet casting". Pour lui, le Président a nommé "un gouvernement qui envoie un certain nombre des signaux pour pouvoir élargir au maximum [s]a base électorale", qui était "étroite" lors de son entrée à l'Élysée. Le politologue a dénoncé un score "extraordinairement faible par rapport aux circonstances, en face du Front national, avec un taux d'abstention et de votes blancs anormalement élevés."

Le PS, mort et enterré ? 

Thomas Guénolé a évoqué "la situation du Parti socialiste", en déroute après son échec à la présidentielle. "J'ai l'impression qu'il est en train de lui arriver ce qui est arrivé au Parti radical à une époque" a-t-il comparé. "À une époque, le Parti radical était très puissant" a-t-il rappelé, "c'était le parti dominant à gauche à un moment, et puis progressivement, il a de plus en plus migré vers le centre. Concurrencé puis marginalisé, il a même finit par éclater." Selon lui, "une partie du Parti socialiste est en cours d'englobement par En Marche"

Le Parti socialiste est-il en train de disparaître, menacé "d'englobement par En Marche" comme le soutien Thomas Guénolé ? Juliette Méadel n'y croit pas : "Il y a un attachement aux idées" du PS, "son histoire, l'union de la gauche, François Mitterrand..."

Toutefois une "refondation complète" est nécessaire selon elle : "Si il y a un point sur lequel tous les socialistes sont d'accord, c'est que l'appareil doit être dynamité. La question c'est : comment on atterrit et comment on le recompose ? Comment on fait en sorte qu'on a envie de travailler ensemble, ce qui reste encore à démontrer." a-t-elle conclu.  

Le siège du Parti socialiste après la passation de pouvoir entre François Hollande et Emmanuel Macron, le 14 mai 2017. 
Le siège du Parti socialiste après la passation de pouvoir entre François Hollande et Emmanuel Macron, le 14 mai 2017.  (NICOLAS KOVARIK / MAXPPP)