Pétrole et gaz russe : l'Union européenne dépense-t-elle encore "des centaines de millions de dollars par jour", comme le dit Nathalie Loiseau ?

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L'eurodéputée En marche plaide pour un embargo européen sur les énergies russes. 

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Radio France
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Nathalie Loiseau le 6 sepotembre 2021.  (LUDOVIC MARIN / AFP)

Alors que l'Union européenne réfléchit encore à un possible embargo sur les énergies russes pour protester contre la guerre en Ukraine, Nathalie Loiseau, l'eurodéputée En marche, avance sur franceinfo un argument financier : "Il faut savoir que chaque jour, nous, Européens, nous versons des centaines de millions de dollars à la Russie en payant son pétrole et son gaz. Nous devons arrêter de financer le trésor de guerre de Vladimir Poutine". Une affirmation exacte, d'après les estimations d'un institut de recherche. 

48 milliards en deux mois 

Depuis le début de la guerre il y a plus de deux mois, l’Europe a payé 48 milliards d'euros à Moscou pour s'approvisionner en gaz, pétrole et charbon. C'est ce qu'a calculé le CREA, le centre de recherche sur l'énergie, qui se base sur de multiples indicateurs comme par exemple le trafic dans les gazoducs européens ou encore le transport maritime. Si on divise cette somme de 48 milliards d'euros par le nombre de jours depuis le début de l'offensive russe, on arrive à presque 700 millions d'euros versés en moyenne chaque jour à la Russie. 

De son côté, la France a payé environ quatre milliards d'euros. Vu de Russie, nous sommes le 6e pays importateur, assez loin derrière les Pays-Bas, l’Italie et l’Allemagne qui a dépensé plus du double : neuf milliards d'euros depuis deux mois. Même si la Chine importe beaucoup plus d'énergie russe depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Europe reste, de très loin, le premier client puisque d'après le CREA plus de 70% des revenus fossiles de la Russie proviennent de l'Union européenne.

Une dépendance qui recule 

Malgré tout la dépendance aux énergies russes recule un peu en Europe. Par exemple l’Allemagne, qui est très dépendante, dit avoir réussi à réduire cette tendance notamment pour le charbon et le pétrole. Autre indicateur : le volume des exportations de Gazprom. Le géant russe a vu ses livraisons s'effondrer de presque 30% en Europe au premier trimestre. Une baisse en partie compensée par le gaz naturel liquéfié, le GNL, importé notamment des Etats-Unis. 


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