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Non, le groupe LREM n’est pas à l’origine de la commission d'enquête parlementaire

C’est un élément de langage que l’on entend depuis plusieurs jours dans la bouche des ténors d’En Marche : le groupe majoritaire à l’Assemblée serait à l’origine de la commission d'enquête parlementaire sur l’affaire Benalla.

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Le ministre de l\'Intérieur auditionné par la commission d\'enquête de l\'Assemblée nationale.
Le ministre de l'Intérieur auditionné par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale. (GERARD JULIEN / AFP)

Hier matin sur Europe 1, Aurore Bergé, députée LREM des Yvelines, déclare par exemple : "Sans les députés de la majorité, il n’y aurait pas eu de commission d’enquête."  

Quelques heures plus tôt, Gilles Le Gendre, député et porte-parole du groupe LREM, affirme sur BFM : "C'est nous, le groupe majoritaire, (...) qui avons proposé cette solution, la création de cette commission d'enquête pour que toute la vérité soit faite." Sauf que la chronologie des faits autour la création de cette commission ne confirme pas cette version.  

Jeudi 19 juillet, au lendemain des premières révélations sur l’affaire Benalla par le Monde, les députés de l’opposition, Républicains, socialistes, communistes et Insoumis, réclament la venue d’un membre du gouvernement pour s’expliquer à la tribune et l’ouverture d’une enquête parlementaire.  

Dans les couloirs, ce même Gilles Le Gendre déclare qu’En Marche "ne souhaite pas de commission d'enquête parlementaire" et plaide pour attendre les résultats de l'enquête de la justice et de l'Inspection générale de la police nationale (l’IGPN), selon des propos recueillis par l’Agence France Presse  

Et si finalement la majorité LREM-Modem accepte dans la soirée de lancer cette commission, c’est qu’elle n’a pas vraiment le choix. Depuis le matin, les oppositions ont bloqué toute reprise du débat sur la révision constitutionnelle. Chaque groupe n'a en effet le droit qu'à une seule commission d'enquête par an et La République en marche est le seul à posséder encore le pouvoir de faire la demande.  

C’est un socialiste qui va trouver la solution. Boris Vallaud, porte-parole du PS, va dénicher une disposition permettant à la commission des lois de se doter des prérogatives d’une commission d’enquête. Dans la soirée, les présidents de groupe se réunissent autour de François de Rugy et approuvent cette solution.  

Alors oui, la majorité a donné son aval pour que cette commission des lois se constitue en commission d'enquête parlementaire mais non, le groupe LREM n’en est pas à l’origine.

Le ministre de l\'Intérieur auditionné par la commission d\'enquête de l\'Assemblée nationale.
Le ministre de l'Intérieur auditionné par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale. (GERARD JULIEN / AFP)