Le vrai du faux. Le pic de l'inflation est-il passé, comme l'affirme Elisabeth Borne ?

La Première ministre Elisabeth Borne a déclaré sur France 3 dimanche 11 juin que le pic de l'inflation était "passé". Les indicateurs économiques confirment ses propos.
Article rédigé par franceinfo - Armêl Balogog
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Elisabeth Borne, dimanche 11 juin 2023. (FRANCE 3)

On l'attendait depuis longtemps tellement, la hausse des prix grève nos budgets depuis plusieurs mois et c'est bon, "on a passé ce qu'on appelle le pic de l'inflation", a assuré la Première ministre Elisabeth Borne dimanche 11 juin sur France 3 . "Ça veut dire que l'inflation, dans les prochains mois, sera moins forte que ce qu'elle a été ces derniers mois", a-t-elle continué, disant espérer "retrouver des niveaux plus habituels d'inflation à partir du deuxième semestre" 2023. Mais le pic de l'inflation est-il vraiment derrière nous ?

Elisabeth Borne dans Dimanche en politique sur France 3
Elisabeth Borne dans Dimanche en politique sur France 3 Elisabeth Borne dans Dimanche en politique sur France 3 (FRANCE 3)

Des chiffres à la baisse, c'est en effet ce qu'ont indiqué ces derniers jours l'Insee et la Banque de France, les deux institutions dont les points de conjoncture font référence. D'un côté, l'Insee a estimé que l'inflation avait été moins forte en mai qu'en avril, passant de 5,9% à 5,1% en moyenne. De l'autre, la Banque de France a affirmé que le pic de l'inflation a "probablement [été] atteint" pendant le deuxième trimestre de cette année, donc entre avril et juin.

"On devrait avoir un ralentissement au cours du second semestre", a commenté Olivier Garnier, le directeur général des statistiques, des études et de l'internationale à la Banque de France, lorsqu'il a présenté cette nouvelle enquête mensuelle de conjoncture.

Recul pour les matières premières et l'alimentaire

Le reflux de l'inflation est dû au ralentissement de la hausse des prix des matières premières. Par exemple, les prix de l'énergie qui augmentaient de 28% en mai 2022 n'ont augmenté plus que de 2% un an plus tard, en mai 2023, selon l'Insee. La hausse des prix du blé, du maïs, du sucre ralentit également.

Le recul de l'inflation sur les matières premières a été amorcé il y a plusieurs mois en réalité, mais il a mis du temps à se répercuter sur les prix de l'alimentation, car les industriels et les distributeurs ont d'abord écoulé les stocks de marchandises achetées et produites à prix fort à cause de la montée des prix des matières premières, avant de commencer à vendre leur nouveau stock. Néanmoins, à présent, le recul de l'inflation dans l'alimentaire est bel et bien amorcé, comme le décrivait déjà franceinfo dans son panier de course qui suit l'évolution des prix de plusieurs dizaines de produits du quotidien, en passant de 15% en avril à 14,1% en mai.

L'inflation recule aussi dans les services et les produits manufacturés. Le seul secteur dans lequel elle progresse encore, passant de 9,4% à 9,8%, est le tabac.

Des baisses de prix promises dès juillet

Mais il faut rappeler qu'un recul de l'inflation ne signifie pas une baisse des prix, cela veut seulement dire qu'ils augmentent moins vite qu'auparavant. En revanche, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a de son côté promis des baisses de prix sur certains produits dès le mois de juillet 2023. Il vient de réussir à convaincre de grands industriels de l'agroalimentaire à baisser les prix de plusieurs centaines de produits du quotidien, comme les pâtes, la volaille, les céréales et l'huile.

Le ministre assure que les 75 plus gros industriels du secteur sont prêts à faire un effort, quand l'Ania, la principale organisation du secteur, assure que seulement une cinquantaine sont partants. Nous saurons dans quelques semaines si les prix des produits baissent réellement dans les rayons des supermarchés.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.