Le vrai du faux, France info

Le vrai du faux. "La moitié des départs à la retraite concerne des chômeurs" ?

C'est en tout cas ce qu'affirme Marine Le Pen sur LCP. Une affirmation largement exagérée d'après plusieurs indicateurs.

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Marine Le Pen va présenter dans les prochains jours ses propositions pour la prochaine élection présidentielle. Et la présidente du Front national a d'ores et déjà annoncé qu'elle souhaite une retraite à 60 ans avec 40 annuités. Une mesure qu'elle a justifié ainsi dans l'émission Questions d'Infos sur LCP avec France Info mercredi 1er fevrier. 

"Aujourd'hui, ceux qui arrivent à la rertaite, il y en a un sur deux qui arrivent à la retraite en étant au chômage."

Pourquoi c'est largement exagéré ?

Plusieurs indicateurs permettent de contester l'affirmation de Marine Le Pen. Et notamment ce que montre la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav) dans un document attaché au projet de loi de finances de la Sécurité sociale 2016 (page 88).

En 2013, près de 53% des assurés du régime général ont une présomption d’emploi dans les mois précédents le départ en retraite. Reste donc une petite moitié des salariés du privés qui ne sont pas en emploi au moment de leur départ à la retraite.

Mais parmi eux, il y a des personnes handicapées, des personnes malades, des inactifs et des chômeurs. Au final, 17% des assurés au régime général sont passés par du chômage dans l'année qui précède leur départ à la retraite. On est très loin de la moitié. 

Ceci dit, cet indicateur de la Cnav a un inconvénient : il ne concerne pas les fonctionnaires, ni les commerçants et les agriculteurs. Il faut donc regarder un autre étude pour se rendre compte de la proportion de départs à la retraite au chômage. 

En mars dernier, la Dares, le service des statistiques du ministère du Travail, a regardé le statut d'emploi par âgé détaillé entre 59 et 62 ans, soit pour les quatre années charnières vers la retraite. 

Le graphique ci-dessous montre clairement que l'augmentation progressive du nombre de retraités avec l'âge s'explique beaucoup plus par la baisse du nombre de travailleurs que celui du nombre de chômeurs et d'inactifs.