Est-ce vrai qu'il n'aura plus assez de nourriture en 2050 ? Est-ce qu'il y a vraiment des insectes dans les Schoko-Bons ? Le Vrai du Faux Junior

Cette semaine dans le "Vrai du Faux Junior", les élèves s'interrogent sur l'avenir de notre planète et sur la composition des chocolats Kinder.
Article rédigé par France Info - Antoine Deiana
Radio France
Publié
Temps de lecture : 5 min
Est-ce que notre agriculture sera suffisante pour nourrir 9 milliards de personnes en 2050 ? (ANDY SACKS / THE IMAGE BANK RF)

"Est-ce que c'est vrai qu'on n'aura plus suffisamment de nourriture d'ici 2050 ? J'ai vu sur les réseaux sociaux qu'il y avait des insectes dans les Schoko-Bons de Kinder, est-ce vrai ?" Les élèves du collège Jules Ferry, à Sainte-Geneviève des bois, dans l'Essonne et ceux de l'école Jacques Prévert à Meyzieu dans le Rhône nous interrogent et nous leur répondons.

Oui il y aura assez de nourriture pour tout le monde en 2050, mais à quel prix ?

En novembre dernier, la barre symbolique des huit milliards d'êtres humains sur Terre a été dépassée. D'où cette question d'Ilyès, du collège Jules Ferry, qui nous demande s'il est vrai "que d'ici 2050, il n'y aura plus assez de nourriture pour nourrir toute la population".

Pour répondre à Ilyès, nous avons contacté Bruno Parmentier, il est ingénieur et économiste, consultant spécialisé dans les questions liées à l’agriculture et à l’alimentation et auteur notamment de Nourrir l'humanité, ainsi que Faim zéro, en finir avec la faim dans le monde. Il explique à Ilyès qu'aujourd'hui c'est plus facile d'obtenir de la nourriture par rapport à il y a 60 ans, par exemple. "On a plus de chance aujourd'hui d'avoir du pain dans nos boulangeries qu'il y a 50 ans parce que la productivité de l'agriculture a énormément augmenté." Bruno Parmentier précise qu'on "a trouvé le moyen de produire beaucoup plus de blé sur la même surface et c'est possible de continuer à le faire et à être même encore plus efficace parce que maintenant on comprend mieux la nature."

Donc oui, on devrait continuer à avoir assez de nourriture en 2050, mais à quel prix ? Bruno Parmentier exprime aussi son inquiétude concernant les problèmes que devront affronter les générations à venir avec le réchauffement climatique notamment. Il explique que ce réchauffement de la planète "va rendre beaucoup plus difficile toute la production des biens et des services dont on a besoin pour vivre."

De la sécrétion d'insectes pour enrober les aliments

Ouijdane, de l'école Jacques Prévert a vu sur YouTube "un monsieur qui montrait un paquet de Schoko-Bons de chez Kinder et il disait qu'il y avait des insectes dedans" et elle se demande si c'est vrai.

Ouijdane, ça n'est ni totalement vrai, ni totalement faux. Cette idée vient des réseaux sociaux, où des internautes mettent en avant le "Shellac", un ingrédient qu'on retrouve dans ces chocolats. En cherchant ce terme sur internet, on voit en effet apparaître plein de photos de petits insectes. Il s'agit de cochenilles, des insectes venus d'Asie. Pour autant, Ouijdane, on ne les retrouve pas à proprement parlé directement dans les chocolats Kinder. Nous avons contacté Marie-Pierre Ellies, professeure à Bordeaux Sciences Agro et chercheuse à l'INRAE, l'institut de recherche agronomique et elle explique que "quand on dit insecte, ce n'est pas un insecte en tant que tel, il s'agit en fait d'une résine qui est fabriquée par un insecte." On en retrouve dans différents aliments, comme "la glace ou encore les pommes, mais aussi dans des produits non-alimentaires comme le verni à ongle", précise Marie-Pierre Ellies. Cette résine de shellac est prélevée, transformée et ensuite utilisée pour fabriquer "un additif, le E904 qui est couramment utilisé."

Un additif qui protège les aliments et qui n'est pas dangereux pour la santé

Ouijdane et Maïssa se demandent à quoi cela sert "de mettre de ces insectes sur les aliments et est-ce dangereux pour la santé".

Marie-Pierre Ellies leur répond que le shellac est "un agent d'enrobage qui va former comme un film un peu brillant, qui ne colle pas et qui va permettre au produit de résister à l'abrasion tout en le protégeant du dessèchement et de la perte d'arôme". Ensuite la chercheuse de l'INRAE explique que "non, assurément, ça n'est pas dangereux d'en manger, c'est un agent pour lequel il n'y a pas de contre-indication à sa consommation, il n'y a pas de risque et aucun effet néfaste ou secondaire à sa consommation."

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