Infographies Huit milliards d'habitants sur Terre, et après? Huit graphiques pour comprendre les projections démographiques de l'ONU

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Selon les Nations unies, la population pourrait atteindre un pic à plus de 10 milliards d'êtres humains en 2080, avant de se stabiliser. (PAULINE LE NOURS / FRANCEINFO.FR)

Alors que la barre symbolique des 8 milliards d'êtres humains sur Terre a été dépassée en cette mi-novembre, franceinfo fait le point sur les estimations démographiques des Nations unies jusqu'en 2100.

Nous étions à peine plus de 6 milliards sur Terre en 2000. Un peu plus de vingt ans plus tard, voici la barre des 8 milliards d'humains déjà atteinte. Ce seuil symbolique a été dépassé mardi 15 novembre, selon les estimations officielles des Nations unies. Mais jusqu'où cette croissance démographique pourrait-elle aller ? 

L'ONU a dévoilé mi-juillet ses projections pour l'évolution de la population mondiale, qu'elle a l'habitude de publier tous les deux ans. D'après les spécialistes, l'augmentation n'est pas prête de s'arrêter : elle pourrait croître jusqu'à atteindre un pic à plus de 10 milliards en 2080, avant de se stabiliser et d'entamer un déclin aux alentours de 2100. Mais derrière ces évolutions mondiales, se cachent de très fortes disparités, comme franceinfo vous l'explique à l'aide de plusieurs graphiques.

Un pic de population attendu en 2080

Ces derniers siècles, la croissance démographique a été exponentielle. D'après les données compilées par le site Our World in Data*, le seuil du premier milliard d'habitant n'a été dépassé que dans les années 1800. Il faut attendre 1925 pour que la barre des deux milliards soit dépassée. L'accélération est ensuite constante. Depuis les années 1970, il a suffi d'une douzaine d'années pour atteindre chaque milliard supplémentaire.

Selon l'ONU, "cette croissance sans précédent" est le résultat "d'une augmentation progressive de la durée de la vie grâce aux progrès réalisés en termes de santé publique, de nutrition, d'hygiène personnelle et de médecine"A l'échelle mondiale, "l'espérance de vie globale moyenne a augmenté, passant de 64,8 ans au début des années 1990 à 70 ans aujourd'hui", relevait l'ONU en publiant ses chiffres cet été.

Mais cette progression ralentit. Le taux de croissance de la population est passé de +2% par an dans les années 1960 à moins de 1% actuellement. Ce ralentissement démographique est déjà mesurable : il faudra environ quinze ans pour atteindre les 9 milliards d'habitants, en 2037.

Dans ses estimations précédentes, les Nations unies prévoyaient que cette croissance atteigne un pic en 2100, à 10,8 milliards d'habitants sur la planète. Dans leurs nouvelles projections, les spécialistes anticipent plutôt un maximum atteint dans les années 2080, autour de 10,4 milliards. Après quoi, la courbe mondiale devrait se stabiliser et commencer à décliner. Un ralentissement expliqué par une chute de la fécondité, constatée quasiment partout dans le monde.

Un ralentissement démographique plus marqué dans les pays riches

Cette évolution mondiale cache de grandes disparités en fonction des régions du monde et des pays. D'après les données de l'ONU, le ralentissement démographique devrait être observé avec quelques décennies d'avance dans les pays les plus riches. 

Comme le montre le graphique ci-dessous, les pays à hauts et très hauts revenus devraient amorcer leur déclin démographique un peu avant 2050. Cela devrait intervenir dans les années 2070 pour les pays à revenus moyens, et tout juste à l'horizon 2100 pour les pays à revenus faibles ou très faibles.

Partout, un taux de fécondité en baisse

Le taux de fécondité (le nombre moyen d'enfants par femme en âge de procréer) est l'un des facteurs déterminants pour expliquer les évolutions actuelles et les projections pour les prochaines décennies. Or, cet indicateur a entamé une chute très marquée depuis les années 1960. Comme le rappelle Our World in Data, à l'époque, à l'échelle mondiale, une femme donnait naissance à cinq enfants en moyenne. En 2021, ce chiffre n'était plus que de 2,32.

Cette diminution de la fécondité ne s'opère évidemment pas dans les mêmes proportions, ni à la même vitesse, en fonction des continents. Même s'il est aussi en forte baisse en Afrique, il reste plus élevé qu'ailleurs : un peu plus de quatre enfants par femme actuellement, et autour de deux à la fin du siècle. Pour l'Europe, l'Amérique du Nord et du Sud, l'Asie et l'Océanie, le taux de fécondité, qui a chuté plus rapidement dans la deuxième moitié du XXe siècle, converge désormais, entre 1,5 et 2,5 enfants par femme.

Une population de plus en plus vieillissante

De manière concomitante, la population de ces pays vieillit. Sur toute la période, l'Europe reste le continent le plus âgé. D'après les données des Nations unies*, alors que les moins de 25 ans sont de moins en moins nombreux depuis les années 1960, les plus de 65 ans devraient être en forte hausse jusqu'en 2060, avant de se stabiliser. L'âge médian de la population européenne devrait ainsi passer de 41 ans actuellement à 49 ans en 2100.

Le vieillissement des pays d'Asie et d'Amérique latine devrait être plus rapide, comme le montre le graphique ci-dessous. Alors que leur âge médian était autour de 25 ans au début des années 2000, il devrait augmenter jusqu'à 47 ans à la fin du siècle. Les pays d'Afrique, eux, devraient rester relativement jeunes. Alors que l'âge médian est d'environ 19 ans actuellement, il devrait à peine dépasser les 35 ans d'ici 2100.

L'Inde va devenir le pays le plus peuplé du monde

Autre conséquence de ces projections : le classement des pays les plus peuplés de la planète va être chamboulé. L'Inde, pays qui compte 1,4 milliard d'habitants aujourd'hui, devrait devenir le plus peuplé dès 2023, dépassant la Chine. Le pays devrait connaître une explosion de sa population urbaine, alors que ses mégapoles sont déjà surpeuplées.

Les Etats-Unis, qui occupent actuellement la troisième place, devraient rétrograder en sixième position en 2100. Le Nigeria, le Pakistan et la République démocratique du Congo devraient les dépasser d'ici la fin du siècle. Le graphique animé ci-dessous représente l'évolution démographique dans les dix pays les plus peuplés du monde, chaque année entre 2000 et 2100.

La Chine devrait perdre près de la moitié de sa population

Et si les prévisions mondiales prévoient un ralentissement démographique, pour certains pays, la situation est bien plus marquée : ils devraient perdre une bonne partie de leur population d'ici la fin du siècle. Entre 2022 et 2100, la Corée du Sud devrait par exemple perdre 53,2% de ses habitants, l'Ukraine 52,6% et la Chine 45,9%. Les neuf pays de plus de 10 millions d'habitants où cette chute démographique devrait être la plus forte, sont représentés ci-dessous.

A l'inverse, l'évolution démographique de nombreux pays africains va totalement à l'encontre des prévisions mondiales. Dans plusieurs régions de ce continent, la population va continuer à se multiplier, par un facteur allant de un à six. Le Niger, par exemple, devrait connaître une croissance démographique de +546% entre 2022 et 2100, la République démocratique du Congo une hausse de +342%.

* Ces liens renvoient vers des contenus en anglais

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