Aliments pour augmenter la libido, taille moyenne du pénis, durée moyenne des rapports sexuels... "Le vrai du faux Junior" spécial sexualité

écouter (5min)

Réponses dans le Vrai du Faux Junior du Dr Damien Mascret à des questions d'élèves sur la sexualité 

Article rédigé par
Emilie Gautreau - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 5 min.
Le Dr Damien Mascret  (CAPTURE ECRAN FRANCE 2)

Il y a quelques semaines, les élèves qui travaillent pour le Vrai du Faux Junior s’étaient interrogés sur l'impact que peut avoir sur des mineurs la consultation de sites pornographiques. Dans la continuité de cette séance, ils s'interrogent cette semaine sur des idées reçues ou rumeurs qui circulent sur la sexualité. Le Dr Damien Mascret, sexologue et journaliste à France Télévision leur répond. 

Non, les aliments n'augmentent pas la libido, mais y croire peut avoir un impact

"J’ai entendu dire que certains éléments augmentaient la libido. Est-ce vrai ?" demande Yasmine. "Malheureusement ça n'est pas vrai, lui répond Damien Mascret. Malheureusement, parce que beaucoup aimeraient pouvoir booster leur libido avec des aliments. Ce qui est vrai c'est qu'à partir du moment où on croit à quelque chose  cela peut avoir un effet. Donc si vous croyez qu'un aliment peut booster, il y a des chances que ça marche. Cela ne sera pas dû à l'aliment, ça sera dû simplement à votre cerveau. Vous y avez cru, ça a marché !"

Oui, les infections sexuellement transmissibles sont bien en hausse

"Est-ce vrai que les IST sont en augmentation chez les jeunes et si oui pourquoi ?" demande Raphaël. On voit en effet une augmentation des IST, Damien Mascret le confirme, avec deux facteurs d'explications : le premier est "qu'on dépiste beaucoup plus. Il y a une augmentation considérable du dépistage chez les femmes de moins de 25 ans et chez les hommes de moins de 30 ans."

La deuxième raison est liée au fait "qu'il y a un certain relâchement dans les protections, par exemple dans l'usage du préservatif, mais aussi des précautions à prendre lors de pratiques qui ne sont pas de l'ordre de la pénétration. Il y a des risques qui sont parfois mal connus, il faut s'informer mieux là-dessus pour les éviter."

Les durées moyennes de rapport sexuel ne sont pas forcément à prendre en référence

"Est-il vrai qu’il y a une durée moyenne pour un rapport sexuel et si oui à partir de quel moment est-elle considérée comme trop courte ou trop longue ?" poursuit Raphaël. 

"Il y a effectivement des durées moyennes qui sont de l'ordre statistique" répond Damien Mascret, "mais attention il faut considérer ce qu'on appelle un rapport sexuel : cela n'est pas seulement la pénétration, comme beaucoup l'imaginent. D'ailleurs très souvent des rapports sexuels peuvent se dérouler sans aucune pénétration, avec des baisers, des caresses, d'autres activités sexuelles. Il est vrai, ajoute t-il,"que statistiquement la pénétration dure autour de cinq minutes. Ce qui est parfois beaucoup trop long pour certaines femmes, qui vont avoir un orgasme plus rapidement si tant est qu'il y ait d'autres stimulations, notamment clitoridiennes, mais parfois aussi beaucoup trop courtes pour d'autres, donc il n'y a pas vraiment de durée moyenne efficace de rapport sexuel."

Pour le sexologue, l'important est ce que les deux partenaires vont décider. Il n'y a pas de durée obligatoire de rapport sexuel et de pénétration.

Non, il n'y a pas de classement des tailles de pénis

"Est-il vrai qu’il y a un classement des tailles moyennes de pénis en érection ?" s'interroge Yoni. "Non, il n'y a pas vraiment de classement", répond Damien Mascret. Le médecin lui précise que 95% des hommes ont un pénis qui mesure entre 9,5 cm et 17,5 cm en érection et que deux hommes sur trois ont un pénis qui mesure 11,5 cm et 15 cm. Cela ne signifie pas qu'il y a pas une taille optimale.

"C'est vrai, ajoute t-il, qu'un homme sur 10 aimerait avoir un pénis plus long et il y a en même un sur deux qui en voudrait un plus grand alors même qu'il estime avoir un pénis de taille normale, donc on voit bien que c'est une préoccupation masculine. Par contre quand on interroge les femmes on s'aperçoit que ça n'est vraiment pas une préoccupation et qu'il n'y a finalement que deux femmes sur 100 qui aimeraient que leur partenaire ait un pénis plus grand".

Le sexologue précise même que 5% des femmes aimeraient que leur partenaire ait un pénis plus petit. De même, souligne-t-il, "beaucoup de femmes aimeraient avoir des seins plus gros alors que ça n'est pas forcément la préoccupation principale de leur partenaire".

Oui, on peut avoir une sexualité épanouie lorsqu'on est tétraplégique

"Est-ce que les tétraplégiques peuvent avoir une sexualité épanouie même s’ils sont handicapés ?" demande Elisa.

"On sait maintenant que le plaisir c'est d'abord dans le cerveau", lui répond Damien Mascret. "Même s'il peut être déclenché par la stimulation des organes génitaux ou de différentes zones érogènes, en réalité le cerveau peut se réorganiser. Lorsqu'on est tétraplégique ou paraplégique, "on s'aperçoit que le cerveau peut être stimulé car n'oublions pas que l'excitation ce sont des sensations, il peut y en avoir avec des baisers ou des caresses du visage mais c'est aussi de l'excitation psychologique, psychique... L'excitaiton peut monter tellement, d'ailleurs, que certaines femmes et certains hommes peuvent avoir des orgasmes même sans qu'on les touche. Ce qui montre bien que le plaisir et même l'orgasme c'est d'abord dans le cerveau."

Non, la sexualité n'est pas réservée à la jeunesse

Elisa a une autre quesiton sur la sexualité à travers les âges : "Est-ce vrai que la sexualité est réservée à la jeunesse ?"

Non, répond Damien Mascret. "Les septuagénaires, les octogénaires ont encore des rapports sexuels, en tout cas quand ils ont des partenaires pour la sexualité en duo. Et puis on s'aperçoit aussi que les femmes comme les hommes conservent une sexualité en solo, par la masturbation. Donc ça n'est pas réservé à la jeunesse, c'est un mythe, mais c'est vrai qu'il y a souvent plus d'appétit quand on est jeune que quand on est très âgé."

La sexualité n'est pas forcément un moyen d'évacuer le stress

"Est-ce vrai que les gens qui n’ont pas une sexualité active sont tendus, donc plus stressés ?" demande Lucie.

"Non, lui répond Damien Mascret. C'est vrai que parfois on a l'impression que la sexualité est un moyen d'évacuer la tension et parfois même dans le couple ça peut être un sujet de négociation". Or, pointe t-il, "il ne s'agit pas d'avoir des rapports sexuels juste pour atténuer le stress ou calmer son partenaire, ce ne serait pas une bonne raison. Cela dit, ajoute t-il, c'est vrai aussi que dans certains périodes où on est particulièrement tendu, stressé, en période d'examen par exemple, on peut avoir un regain de la masturbation ou une envie de rapport sexuel. Mais il y a vraiment des sensibilités individuelles, pour certains ce sera vrai et pour d'autres ce sera tout à fait l'inverse".

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.