Le rendez-vous de la médiatrice, France info

Le rendez-vous de la médiatrice. Grève à Radio France : la présidente-directrice générale, Sybile Veil, répond aux questions des auditeurs

Après cinq jours de grève et de perturbation des antennes à Radio France, suite au mouvement social des personnels contre le plan de réorganisation de l'entreprise publique, qui prévoit la suppression de 299 postes sur trois ans, Emmanuelle Daviet, médiatrice des antennes, reçoit la présidente-directrice générale, Sybile Veil, qui répond aux questions des auditeurs.

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La Maison de la radio, à Paris, siège de Radio France.
La Maison de la radio, à Paris, siège de Radio France. (MATTHIEU FERRI / RADIO FRANCE)

Sybile Veil, présidente-directrice générale de Radio France est l'invitée d'Emmanuelle Daviet, médiatrice des antennes de Radio France.

Plusieurs syndicats ont appelé les salariés à la grève depuis le début de la semaine. Le SNJ, la CFDT et Sud ont appelé à une grève du 25 au 29 novembre inclus. La CGT a voté vendredi 29 novembre la poursuite de la grève jusqu'au lundi 2 décembre inclus. Un mouvement social qui perturbe les antennes de la radio de service public et qui suscite de nombreuses réactions de la part des auditeurs.

Emmanuelle Daviet : Je vous remercie d’avoir accepté de venir répondre aux questions des auditeurs, nombreuses dans le contexte d’un mouvement social qui a perturbé les antennes de Radio France cette semaine. On commence avec le message de Daniel, il écrit : "Je suis dans l’incompréhension la plus totale… Une audience record récompensée par une réduction de moyens et d’effectifs..."

C’est une incompréhension très partagée par les auditeurs : que leur répondez- vous ?

Sybile Veil :  "En effet, j’ai reçu beaucoup de messages qui témoignent d’un attachement très fort des auditeurs à leur radio de service public. Je veux leur dire que cet attachement, je le partage. Et je sais que tous les salariés de Radio France, qu’ils aient fait grève ou pas, le partagent aussi.

Mais je veux leur dire aussi, que nous avons des efforts à faire, les auditeurs le savent, tout le secteur public est appelé à faire des économies. D’ailleurs, nos moyens n’ont jamais été liés à nos audiences, ni à la hausse, ni à la baisse. Mais je refuse que cela touche à la qualité de ce que nous faisons. Et c’est pour cela que mon projet est de maintenir chacune de nos chaînes, de maintenir chacune de nos formations musicales, tout en continuant à faire avec chacune d’elles de la radio de qualité et innovante.

Alors, oui, il va y avoir des départs dans l’entreprise, notamment des départs en retraite. Mais j’ai veillé à limiter le nombre de ces départs au strict minimum. Ces départs seront uniquement volontaires et progressifs, pour ne pas désorganiser le travail de nos équipes."

Dans ce contexte comment allez-vous faire des économies ?

Sibyle Veil : "En faisant des choix, j’ai pris la responsabilité de concentrer nos moyens, sur nos missions de service public les plus fondamentales, celles pour lesquelles les auditeurs se tournent vers nous, celles qui expliquent nos succès et surtout le lien de confiance très fort que nous avons avec les Français."

Emmanuelle Daviet : Poursuivons avec la suggestion de cet auditeur, Yves : "Je suis prêt à payer un peu plus en taxe audiovisuelle pour éviter ces pertes de postes à Radio France. Pourquoi ne pas s’attaquer à cela ?"

Que pensez-vous de cette proposition que j’ai souvent lue cette semaine dans les courriels ?

Sibyle Veil : "Je remercie cet auditeur, j’entends ses remarques. La société a besoin d’un audiovisuel public qui soit fort. Et le débat à venir sur la redevance va être pour moi l’occasion de le rappeler, comme je l’ai déjà fait par le passé, parce qu’il nous faut les moyens de jouer notre rôle dans la société.

Et ce rôle, quel est-il ? Ce rôle, c’est d’être une référence à l’heure des fausses informations, c’est de soutenir la diversité culturelle, par exemple les auteurs et les artistes dont on ne parle pas ailleurs. Et c’est surtout de construire un débat public apaisé. Et ça, on doit le faire de plus en plus, dans l’univers numérique qui tient une place croissante dans la vie des Français, et donc aussi dans celle de nos radios. Avoir un financement stable, un financement à la hauteur de nos missions, c’est surtout l’une des clés de notre indépendance. L’indépendance pour le service public audiovisuel, c’est essentiel."

Régulièrement dans leurs messages, les auditeurs évoquent votre proximité supposée avec le président de la République, Emmanuel Macron, ils pensent que cela influence vos orientations stratégiques et vos décisions. Que leur répondez-vous ?

Sibyle Veil : "Je vous parlais à l’instant de l’importance de l’indépendance, il va de soi que je me l’applique en premier, à moi-même. Vous le savez, c’est une valeur que nous partageons à tous les étages à Radio France, à l’étage des rédactions, à l’étage de la direction, et je veille à ce qu’il n’y ait aucune ingérence dans la ligne éditoriale des chaînes. Que ce soient les enquêtes de la Cellule investigation, ou les billets de nos humoristes, je pense qu’ils prouvent la liberté qui existe sur les chaînes de Radio France.

Pour ce qui est du projet que j’ai présenté pour Radio France, moi j’y crois profondément. Je l’ai construit pendant plusieurs mois avec des équipes de toutes les chaînes, de toutes les directions, qui ont un attachement très fort à cette maison. Comme toute évolution, aujourd’hui, j’entends les questions, c’est normal qu’il y ait des questions, c’est pourquoi j’ai le souci d’avancer dans le dialogue avec les salariés aujourd’hui. Merci aux auditeurs qui prennent le temps de nous écrire chaque semaine."

La Maison de la radio, à Paris, siège de Radio France.
La Maison de la radio, à Paris, siège de Radio France. (MATTHIEU FERRI / RADIO FRANCE)