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Mali : gérer le retour

Les premiers soldats français sont rentrés du Mali il y a un peu plus de deux semaines, le contingent français est descendu sous la barre des 4.000 hommes. Il devrait passer à moins de 2.000 dans le courant de l'été. Comme les départs, les retours se préparent. Une préparation importante par exemple à Clermont-Ferrand qui compte deux compagnies du 92e RI, le régiment d'infanterie, en opération au Mali. Environ 500 hommes et donc 500 familles à "coacher".

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En première
ligne pour gérer le potentiel stress post traumatique : les familles. D'ici
quelques jours, quelques semaines, quand les soldats seront de retour, ils vont
passer au moins un mois en permission, c'est-à-dire, au quotidien, avec leurs
proches.

Pendant la réunion mensuelle de la cellule d'aide aux familles, le
coordinateur environnement humain, le Major Pascal Ducellier prépare donc le
terrain : "Je vais avoir besoin de votre aide parce qu'on a tous notre côté
G.I. Joe, on n'a pas mal, on n'a pas peur, on ne peut pas avoir un coup de moins
bien, ce n'est pas possible. Mais vous, vous allez le voir. L'information ce
n'est pas lui qui viendra me la donner mais vous, vous pouvez me la
donner."
 

Un sas de
décompression à Chypre

L'armée a
compris désormais que les retours peuvent poser problème et qu'elle doit
également les gérer. C'est pour cette raison que, depuis le retour
d'Afghanistan, elle a mis en place un sas de décompression à Chypre. Trois jours
dans un hôtel cinq étoiles, pour se relaxer mais aussi se réhabituer à la vie
classique.

Le rendez-vous avec le psychologue est tout autant obligatoire que la
croisière en Méditerranée ou les séances de sport. Pour le lieutenant colonel
Charles Armajon qui commande en ce moment le 92e RI, "quand vous avez passé  quatre mois aux aguets, de retour en France, vous surveillez chaque buisson, vous reprenez votre voiture, vous allez traverser une forêt
et surveiller ce qui se passe derrière chaque arbre, vous dire que lui il m'en
veut, il me regarde bizarrement. Et bien non, il te regarde normalement, il faut
revenir à la vie normale, c'est le but de Chypre
."

"Papa est rentré mais il faut le laisser se reposer"

Et d'après
Laëtitia, une femme de militaire, cette étape a une réelle utilité : "Là il
était plus serein, plus doux. Le regard sur nous était aussi différent, sur
notre quotidien, c'est la première fois qu'il me disait ça a du être dur pour
toi aussi
."

Pour les
mamans, gérer le retour c'est aussi gérer les enfants. "Il faut faire
le tampon entre papa et les enfants,
précise Céline, bien expliquer que
papa est rentré mais qu'il est fatigué et qu'il faut le laisser se reposer. Dans
le travail du retour c'est le plus dur !
"

Les plus
grands, eux, l'ont déjà vécu puisque pour cette "opex" (pour opération extérieure) très complexe, le
régiment n'a choisi que des hommes aguerris, habitués au front et aux
combats. 

Des activités extérieures, dont du paintball

Mais quand
l'armée prépare le retour des soldats, on parle psychologie mais aussi activités
extérieures, pour faire passer le temps plus vite. Au programme : chasse aux œufs,
sortie au zoo mais aussi paint-ball. Armes, treillis... le parallèle avec le
métier de papa est troublant. Le coordinateur environnement humain s'arrêtera à
"quand j'étais petit, mon père n'était pas militaire et on jouait quand même
aux cow-boys et aux indiens
".

Il reste du
travail sur la gestion de tout l'aspect psychologique des militaires en France.
La prise en compte du stress post traumatique est intégrée aux Etats-Unis,
depuis les années 70, et le retour du Vietnam. En France, cela ne date que de la
guerre en Afghanistan.

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