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Le mot de l'éco. FMI : "Si rien ne change, nous allons revivre la crise de 2008"

C'est un scénario catastrophe que le Fonds Monétaire International décrit dans son récent rapport sur la stabilité financière.

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franceinfoIsabelle ChaillouRadio France

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New York, 2 octobre 2008. Des traders à la Bourse de New York.
New York, 2 octobre 2008. Des traders à la Bourse de New York. (SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Dans son rapport sur la stabilité financière, le Fonds Monétaire International s’inquiète du poids des dettes, privées et publiques et met en garde sur les risques d'une nouvelle crise financière majeure. Une crise potentielle, cachée derrière ce qui a pourtant toutes les apparences de la bonne santé économique. Au niveau mondial, l'activité s'accélère. Le FMI a même revu ses prévisions de croissance à la hausse. Sauf que, ce n’est là que la face visible de ce qui pourrait se jouer dans les cinq ans à venir.  

Une série de signaux potentiellement alarmants aux yeux du FMI 

 D'abord, il y a trop d'argent dans le système financier, ce qui peut sembler paradoxal. Mais c'est bien ce que dit le FMI :

Il y a trop d'argent en quête de trop peu d'actifs rentables

FMI

Et c’est une conséquence directe de la crise de 2008. Pour soutenir les banques, puis l'économie en générale, les banques centrales, la FED aux États-Unis, comme la Banque Centrale Européenne, ont pratiqué ce qu'on appelle une politique monétaire accommodante. Autrement dit, elles ont massivement injecté de l’argent dans le système. Pour le FMI, cet "appui monétaire prolongé pourrait favoriser une accumulation des excès financiers".  

L’autre danger souligné par le FMI, c'est le poids des dettes 

Celles des entreprises, des ménages, celles des États aussi. Pour les pays du G20, ces dettes cumulées dépassent les 135 000 milliards de dollars. Plus de deux fois leur PIB. Un niveau d'endettement qui rend donc les états très sensibles à une hausse (probable) des taux d'intérêts.    

Enfin, le FMI s'inquiète en particulier du cas chinois. En raison de la dette chinoise, mais aussi de son secteur financier, qui malgré des tentatives de régulation, semble échapper à tout contrôle. Un secteur financier, dit le FMI, dont l’ampleur, la complexité et la croissance laissent entrevoir des risques élevés pour la stabilité financière. Les actifs des banques chinoises représentent désormais 310% du PIB. Un poids auquel il faut ajouter le développement d'une finance de l’ombre.    

Le spectre de la crise de 2008  

Le FMI, qui dans ses prévisions n’a pas toujours été très clairvoyant, écrit cette fois un scénario potentiellement catastrophe dans les 5 ans. Dans un premier temps, les taux d'intérêts restent bas, l'économie mondiale continue de progresser et les dettes aussi. Deuxième phase, une hausse des intérêts provoque une réaction en chaine : effondrement des marchés financiers, de l’immobilier, croissance mondiale qui dévisse.
Un scénario qui n'est pas encore inéluctable mais le FMI prévient : "Si rien ne change, nous allons revivre la crise de 2008".     

New York, 2 octobre 2008. Des traders à la Bourse de New York.
New York, 2 octobre 2008. Des traders à la Bourse de New York. (SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)