L’Indonésie met fin au grand bazar des noms de famille

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Jusqu'ici les parents pouvaient, pour leur enfant, choisir à peu près n'importe quel nom de famille, y compris un nom inventé de toutes pièces. 

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Un nouveau-né est pesé dans un hopital de Banda Aceh (Indonésie). (CHAIDEER MAHYUDDIN / AFP)

En Indonésie, et plus particulièrement sur l'île de Java, 145 millions d'habitants, on pouvait jusqu'ici choisir pour ses enfants n'importe quel nom de famille. Même un qui n'avait rien à voir avec le sien.

Courrier International explique par exemple qu'un bébé né par césarienne pouvait très bien être appelé "Opérationpar ses parents. Ou "Muhammad Wishnu" pour rendre hommage au deuxième dieu de la trinité hindoue. Un exemple connu en France, celui de la chanteuse Anggun. Son nom complet c'est Anggun Cipta Sasmi. En javanais, cela veut dire "grâce qui a été créée dans un rêve".

Le nom d'ailleurs n'est pas toujours donné dès la naissance, parfois les parents attendent trois mois pour trouver le patronyme qui collera le mieux. Sur ce blog indonésien on découvre qu'un garçon a été nommé Apple, à cause de son physique bien joufflu quand il était bébé.

Ensuite il était possible de choisir un nom, un seul, comme Soekarno ou Soeharto les deux premiers présidents du pays après l'indépendance. Mais aussi trois ou cinq ou six voire plus. Il n'y avait aucune limite. À l'inverse en Indonésie les prénoms sont très limités : il y en a quatre seulement, qui sont attribués en fonction de l’ordre des naissances dans la famille.

De nouvelles règles, plus rationnelles

Ces fantaisies maintenant, c'est terminé ! Depuis le 21 avril les jeunes parents de l’archipel doivent respecter trois règles. Le nom de famille qu'ils choisissent doit :
1- être facile à lire, ne pas avoir de connotation négative, ambiguë ou insultante
2- comporter au minimum deux mots.
3- ne pas dépasser 60 caractères, espaces compris.

Si ces règles fixées par le décret du ministère de l'intérieur ne sont pas respectées, c'est simple, les bureaux de l’état-civil ne délivrent pas d’acte de naissance, de livret de famille ou tout autre document d’identité.

Une intrusion dans la vie privée ?

Cette nouvelle réglementation vise à rendre l'attribution des noms un peu plus rationnelle mais aussi et à faciliter la tâche des services des mairies qui avaient parfois un peu de mal à faire rentrer tout le monde dans les cases. Sauf que cette décision ne passe pas très bien auprès de la population. Les Indonésiens ne voient pas du tout l'avantage de se restreindre à 60 signes. Ce qu'ils voient plutôt c'est que l'État est beaucoup trop intrusif. Cette semaine le quotidien Kompas a interrogé la vice-directrice du département de sciences politiques de l’université Indonesia à Jakarta. “D’un point de vue politique, dit-elle, cette mesure reflète la fréquence à laquelle l’État réglemente de plus en plus notre sphère privée." dit-elle.

Un nom de 54 caractères en France

En France on est moins inventifs. L'enfant ne peut avoir que le nom de son père, ou celui de sa mère, ou les deux. Le patronyme le plus long enregistré à ce jour est :
Pourroy de l’Auberivière de Quinsonas-Oudinot de Reggio, 54 signes ou espaces. On reste loin des records indonésiens.

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