En Suisse, les parlementaires priés de suivre une formation sur le réchauffement climatique

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Plusieurs experts du Giec sont invités à prendre la parole pendant trois heures, ce lundi, au Palais fédéral suisse. Ils vont briefer les élus sur les conséquences du changement climatique en Suisse.

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Radio France
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Le Parlement à Bern (Suisse). (FABRICE COFFRINI / AFP)

Une journée pas comme les autres s’annonce au Parlement suisse. Lundi 2 mai, les élus vont redevenir des étudiants et suivre un cours sur le réchauffement climatique et la biodiversité en Suisse. Les professeurs : la ministre de l'Environnement, Simonetta Sommaruga, et huit experts du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec).

Ils expliqueront notamment pourquoi il est urgent d'agir dans ce pays. En un siècle et demi, les températures ont augmenté de 2°C en Suisse contre 0,9°C en moyenne dans le monde. Cette formation doit ouvrir les horizons des élus sur comment faire de la politique en prenant en considération le climat. Un débat de trois heures, dont 25 minutes de questions-réponses. Plutôt un cours magistral qu’un échange.

Grève de la faim

Cette idée n’est pas arrivée toute seule. Tout est parti d’un homme : Guillermo Fernandez. En novembre dernier, lassé de voir que les élus suisses ne plaçaient pas le climat en haut de la pile de leurs préoccupations, il décide de faire une opération choc. Il s’installe avec une pancarte devant le Palais fédéral de Berne, siège du pouvoir helvétique et commence une grève de la faim.

Sa revendication : que les parlementaires suisses soient formés sur l’état climatique du pays et les conséquences du réchauffement. "Qui sait et n’agit pas pour sauver nos enfants", écrit-il sur son blog, en bref "n’est pas légitime pour décider de notre futur".

Malgré le froid et la pluie, Guillermo reste devant le Palais, assis sur une chaise, puisant la force auprès de ses trois enfants, restés à la maison. 39 jours plus tard et 20 kilos en moins, sa demande est acceptée. Et la date du 2 mai est annoncée pour cette formation d’ampleur.

Un tiers des parlementaires inscrits

Les parlementaires qui militent pour le climat sont évidemment contents de cette victoire. En revanche, d’autres élus dénoncent la manière. Un certain "malaise" se fait ressentir, les parlementaires estimant être assez informés. Le premier parti suisse, l’UDC, estime que le débat du défi climatique existe déjà mais que les "processus démocratiques sont longs" et qu’il ne suffit pas de "tourner un bouton" pour faire avancer les choses.

Le parti centriste écolo, Vert’libéral, trouve la méthode "gênante" car Guillermo Fernandez a mis en danger sa santé. Et puis, la triste réalité, c’est que les élus qui ne veulent pas entendre les experts ce lundi, ne seront pas dans la salle. "Ils seront à la pêche", ironise Guillermo interrogé par notre correspondant en Suisse. Pour l'instant, selon Le Matin, seul un tiers des parlementaires se sont inscrits à la formation. 

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