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Covid-19 : face à la "deuxième vague", l'Europe en panne de coordination

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Face à la "deuxième vague" de coronavirus qui touche brutalement l'Europe, tous les pays sont débordés. Et en matière de coordination, les 27 ont encore des progrès à faire.

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Radio France
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La présidente de la Commission européenne, Ursula Von Der Leyen, lors d'une réunion du Conseil européen consacrée à la lutte contre le Covid-19, à Bruxelles le 29 octobre 2020 (POOL / AFP)

Tout le monde est surpris par l'ampleur de cette deuxième vague, et personne n'a la recette qui fonctionne : c'est le diagnostic posé mercredi 28 octobre par Emmanuel Macron pour mieux faire passer la pilule, dire que la France n'est pas la seule à être prise de court.

Depuis plusieurs jours les annonces chocs se multiplient en Europe. Fermeture des restaurants, des cinémas et des salles de gym en Italie mais aussi en Allemagne, pays pourtant le plus épargné depuis le début de l'épidémie. 

Couvre-feu bien sûr un peu partout, notamment en Espagne et en Belgique (où le nombre de contaminations est trois à quatre fois plus élevé qu'en France) et où les vacances scolaires de la Toussaint ont été prolongées.

Des mesures fortes, mais pas (encore) de reconfinement total

À ce stade, seule l'Irlande a franchi le pas du reconfinement : cinq millions de personnes sont assignées à résidence depuis jeudi, pendant six semaines. Mais les écoles restent ouvertes.

À des échelles plus petites, les reconfinements sont plus nombreux : la région du Pays de Galles, au Royaume-Uni, a franchi le pas. Des villes aussi, comme dans le nord du Portugal. L'Espagne, elle a choisi le modèle hybride du confinement par périmètre, avec une circulation libre mais dans une zone limitée.

Autant d'horaires que de couvre-feux

Quarantaines, dépistage, rien n'est harmonisé. Le seul exemple du couvre-feu, pourtant appliqué par une dizaine de pays, témoigne du manque de coordination en Europe : à Prague on reste chez soi à partir de 21h, à Bruxelles c'est 22 heures (l'heure a été avancée cette semaine). En Espagne, si vous habitez Séville c'est 23h mais à Madrid vous avez le droit de pousser jusqu'à... minuit.

Au printemps la Commission européenne s'était plainte du fait que les États ne faisaient pas remonter les infos, pas plus sur leur stratégie que leurs dispositifs de traçage ou les capacités de leurs hôpitaux. Pas de mise en commun, initiatives non coordonnées, c'était le grand bazar. Et ça ne sera pas beaucoup mieux cette fois-ci...

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a de nouveau réclamé un meilleur partage des données et une réflexion commune sur les futures vaccinations. Les chefs d'Etat et de gouvernement se réunissent virtuellement aujourd'hui pour en parler.

100 millions d'euros pour les tests

Des moyens communs sont malgré tout mis sur la table : 100 millions d'euros vont être distribués par Bruxelles aux Etats membres pour acheter des tests antigéniques, dont le résultat est plus rapide que les tests PCR.

Mais la démarche prendra du temps, alors même que l'épidémie se répand tellement vite que le système "tester, tracer, isoler" ne fonctionne pas. Emmanuel Macron l'a dit hier : la France a beau faire 1,9 million de tests par semaine, et être l'un des meilleurs pays d’Europe en la matière, avec 50 000 contaminations dépistées par jour (et sans doute le double en réalité), le système n’est plus efficace.

D’ailleurs "aucun pays européen ne le retient plus aujourd’hui", a souligné le chef de l'Etat. Il ne pourra fonctionner que lorsque les cas seront moins nombreux.

Ces tests seront déployés en priorité dans les zones d'arrivée des aéroports, de façon à ce qu'aucun voyageur ne puisse entrer sur le territoire européen sans qu’on soit certain qu’il n’est pas porteur du virus. Protéger les frontières extérieures de l'UE : c'est la seule mesure qui met les 27 d'accord.

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