"ES" : 20 ans après, Émilie Simon revisite son premier album

Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Aujourd’hui, l’auteure, compositrice et interprète, Émilie Simon. Vendredi 14 avril 2023, elle est de retour avec un nouvel album intitulé "ES". Elle est aussi en tournée dans toute la France.
Article rédigé par France Info, Elodie Suigo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Emilie Simon à Paris le 14 janvier 2023 (FRED DUGIT / MAXPPP)

Émilie Simon est auteure, compositrice et interprète. C’est avec son premier album, Émilie Simon, couronné par la Victoire de la musique de l'album électronique de l'année en 2004, qu’elle se fait connaître du public. Par la suite, elle travaille avec le réalisateur Luc Jacquet pour son documentaire sur l'Antarctique, ce qui donne naissance à son deuxième album, La Marche de l'Empereur, et à la bande originale du même nom.

Vendredi 14 avril 2023, elle est de retour avec un nouvel album intitulé ES. Elle est aussi en tournée dans toute la France.

franceinfo : ES est une nouvelle version de votre premier album. Mais 20 ans plus tard, vous avez décidé de le revisiter comme si vous le sortiez aujourd'hui. Pourquoi ?

Émilie Simon : En fait, c'est venu avec les 20 ans. J'avais envie de faire un cadeau aux gens qui suivent et qui aiment ma musique pour célébrer les 20 ans de cet album-là, qui a été le point de départ de toute ma carrière. Au début, c'était simplement une envie de peut-être retravailler un morceau ou deux. Et puis en fait, ça s'est passé tellement d'une manière fluide et magique que j'ai enchaîné les morceaux... Je ne pensais pas du tout le faire. En plus, je ne suis pas d'un caractère, spécialement à aller regarder en arrière. Mais là, ce n'était pas l'état d'esprit, je prenais chaque morceau et je me disais alors comment je le produirais aujourd'hui ? Et j'ai enchaîné comme ça tout l'album et je me suis dit : il faut quand même que ça existe. Mais c'était quelque part un projet qui m'a même un peu prise par surprise.

Vous vous rappelez dans quel état d'esprit étiez-vous quand l'album est sorti ? 

Quand on sort un premier album, on ne sait pas du tout ce qui nous attend. Donc il porte en lui quelque chose de très pur en fait, qui est à l'origine de tout le reste.

"Le premier album, c'est aussi celui qui porte en lui tout ce qu'on est depuis l'enfance, qui est sans censure, sans attente."

Émilie Simon

à franceinfo

Cette pureté, elle vient aussi de votre père qui était ingénieur du son. Il vous a inculqué ça, il vous a initié à la musique, vous en a donné le goût, la passion. À tel point que les notes ont fini très rapidement par rythmer votre vie puisque vous êtes détentrice d'un DEA en musicologie et que vous avez travaillé l'ingénierie du son à l’IRCAM. En fait, cet album est un lien entre le passé et le futur. Il y a un lâcher-prise et ce n'est pas par hasard si vous avez décidé de l'accompagner d'une création live sur scène, seule en scène. Comment vivez-vous ce moment de scène, de rencontre avec le public ?

C'est excitant et c'est terrifiant, un petit peu les deux. J'ai déjà joué seule, pas beaucoup en France, mais quand je tourne aux États-Unis, j'ai beaucoup eu l'occasion de jouer toute seule avec mes machines. Mais là, c'est une tournée qui est différente, qui est autour de ES avec mon bras électronique sur scène et d'autres instruments qu'on a imaginé avec Cyrille Brissot, que j'avais rencontré à l’IRCAM à mes tout débuts et qui est resté un compagnon de route toutes ces années. Il y a donc toujours ce côté interaction, geste musical qui vient accompagner la musique électronique, mais quelque part, revenir avec un 'seul en scène' comme ça, pour moi, c'était aussi une évidence parce que c'est un album que j'ai fait seule.

Est-ce que ça veut dire que vous vous faites enfin de plus en plus confiance ?

Oui, bien sûr. Il y a de la confiance. Il y a une autonomie qui a toujours été présente chez moi, mais qui grandit et qui va bien avec ma façon de faire les choses.

Le premier titre s'appelle Désert. Est-ce que vous avez connu des moments de désert, de doute ?

"Les moments de doute permettent de savoir quels sont nos vrais objectifs de vie, ce qui est vraiment important pour nous."

Émilie Simon

à franceinfo

Oui, bien sûr, Et ça fait partie aussi de la vie. Ce sont des moments qui sont importants parce qu'ensuite on arrive mieux à se comprendre, à se connaître, à comprendre quels sont nos vrais désirs dans ces moments-là.

Qu'est-ce qui est important pour vous alors ?

Transmettre mon art. Jouer, faire des albums et communiquer ça. Il n'y a que ça qui transcende tout dans ma vie.

Votre album premier album a été salué par la critique. Vous avez reçu d'ailleurs une Victoire de la musique. Ça veut dire que le public était présent, la critique aussi. S'en est suivie cette très belle collaboration avec Luc Jacquet pour La Marche de l'Empereur. Cette collaboration a changé un peu votre façon de construire d'autres projets aussi ?

Oui, parce que c'est arrivé en deuxième album, donc ça a tout de suite ouvert mon champ de perception de ce qui était possible en faisant un film en deuxième album et c'était très enrichissant pour moi. J'ai énormément travaillé sur ce projet. Je n'arrêtais pas de proposer des options et des options, j'ai dû écrire deux heures de musique avant d'arriver au final, c'était une belle rencontre.

Sur votre dernier album qui sort aujourd'hui, il y a un titre qui le clôture, c'est Chanson de toile.

C'est un morceau que j'ai écrit à l'époque de mon premier album. J'aimais beaucoup la musique médiévale à l'époque et j'écoutais ça. Et Chanson de toile, c'était un modèle, ces femmes qui tissaient en attendant leurs hommes qui étaient partis à la guerre. Et je trouvais ça très, très romantique, cet état d'attente, en train de tisser, et très contemplatif aussi.

Est-ce que justement, votre vie n'est pas un conte de fées ?

On peut le voir comme ça. Oui, c'est la vie que je voulais vivre, donc j'en suis heureuse.

Émilie Simon sera en concert, par exemple, le 15 avril 2023 à Toulouse, le 19 à Bourges, le 24 juin à Antibes, le 13 juillet aux Francofolies de la Rochelle.

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