Le monde d'Élodie, France info

60 ans après "L’école est finie", Sheila raconte ses débuts

Toute cette semaine, Sheila est l’invitée exceptionnelle du monde d’Elodie. Un tête-à-tête en chansons. Aujourd’hui, elle nous parle de "Jolie petite Sheila" et de "L’école est finie".

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Sheila lors de l\'émission télévisée \"Du yoyo au yéyé\", le 3 avril 1964
Sheila lors de l'émission télévisée "Du yoyo au yéyé", le 3 avril 1964 (GEORGES CHEVRIER / INA / AFP)

Sheila est une des icônes des années yéyé en France, elle fait partie de la vie des Français depuis 1962. Son nouvel album Venue d'ailleurs est sorti il y a quelques mois, l'occasion pour elle de retrouver son ami de toujours Nile Rodgers du groupe Chic. Pour raconter ses 60 ans de carrière qui lui ont permis de travailler avec les plus grands du monde entier, on revient cette semaine sur des titres incontournables qui ont ponctués cette carrière extraordinaire. C’est avec Jolie petite Sheila et L’école est finie qu’à 17 ans, elle rentre dans la cours des grands.

franceinfo : Quel regard portez-vous sur votre parcours ?

Sheila : Mon drame, c'est que je ne m'en rends pas compte ! Je me demande où j'ai mis ces 60 ans. Je ne regarde jamais en arrière donc au bout du compte, je me dis "mais c'est horrible, 60 ans !" alors que j'ai l'impression qu'il n'y en a que 20, mais je pense que tout le monde est dans le même état que moi.

Fille de commerçants en confiserie sur les marchés de la région parisienne, vous rêviez enfant de devenir artiste de cirque, écuyère. Mais vous vous retrouvez en solo avec un contrat d'artiste-chanteuse pour une durée de dix ans. À ce moment-là, vous êtes mineure.

A l'époque la majorité était à 21 ans, je suis mineure. Je ne connaissais absolument rien de ce métier.

J'ai 16 ans quand mes parents signent mon contrat d'artiste-chanteuse. C'est le rêve d'une petite fille qui se réalise.

Sheila

à franceinfo

Et je me suis retrouvée d'un seul coup projetée, je m'en rappellerai toujours, dans un studio où j'ai entendu ma voix pour la première fois. J'étais au désespoir parce que j'ai découvert que j'avais une voix très aiguë.

En 1962, sort le titre Jolie petite Sheila. Il a vraiment très bien fonctionné. Symboliquement, c'est vraiment le premier titre en solo, votre premier 45 tours.

Oui. C'est le premier et c'est surtout cette chanson qui m'a donné mon nom. Quand j'ai passé mon audition à l'ADMS, j'ai chanté Jolie petite Sheila parce que je la chantais avec le groupe avec lequel j'étais, les Guitares Brothers. La personne qui m'a auditionnée, Claude Carrère, un ancien chanteur voulant devenir producteur, avait écrit les paroles françaises de cette chanson, voilà d'où c'est venu. C'est tout bête, tout simple, c'est un nom qui m'a porté bonheur.

Ce qui est surtout marrant, c'est qu'à l'époque, j'étais une des premières, après Johnny Hallyday, à prendre un nom américain parce qu'on voulait une résonance américaine. Annie Chancel, ça ne faisait pas américain et on était à l'époque des yéyés !

Au début la concurrence est rude et c'est une des raisons pour lesquelles Jolie petite Sheila n'a pas fait l'effet d'une bombe dès le départ.

Il y avait déjà Lucky Blondo qui la chantait et avait cartonné. Je suis arrivée derrière et je me rappelle que sur la pochette, il n'y avait pas de photo et était marqué : "Sheila, elle a 16 ans, écoutez-la". C'était marrant. La photo était à l'intérieur, en noir et blanc.

Claude Carrère a plein d'idées pour vous et va décider de changer votre tenue vestimentaire.

Oui, il va y avoir un switch. Pour être honnête avec vous, c'était l'époque des gros chignons très crêpés donc j'en avais un. J'avais un petit costume en daim très chic et ça n'allait pas du tout avec La petite Sheila et surtout avec le titre qui allait suivre, celui qui a été mon "success", m'a fait éclater. On a commencé à chercher une coiffure, des tenues . A l'époque, il y avait une boutique qui s'appelait Marie Martine. Elle avait créé les robes en vichy de Brigitte Bardot et c'est là que j'ai découvert ma fameuse jupe écossaise.

Avec vos petites couettes et votre chemisier blanc, ça fonctionne ! En février 1963, c'est le succès avec un titre qui va marquer toute une génération voire plusieurs car encore aujourd'hui, ce titre est une référence : L'école est finie. Parlez-nous de ce titre très vite devenu numéro 1 des ventes.

Ce qui était très important, c'est que les gamines de mon âge s'habillaient comme moi. Elles portaient des couettes, mettaient des jupes écossaises. C'est ça qui a fait aussi le succès et la force de ‘L’école est finie’. C'est devenu une mode dans la rue.

Sheila

à franceinfo

Ce qui est amusant, c'est qu'à la base L'école est finie est une chanson "cassée" par une radio concurrente. Heureusement, ce sont les gens qui ont décidé d'en faire un tube. J'ai été tourné le clip dans mon ancienne classe, c'était la jeunesse. C'est comme le Petit papa Noël pour Tino Rossi, cette chanson m'a fait découvrir et c’est celle qui a le plus marché.

Demain, on vous retrouve pour parler de Vous, les copains, je ne vous oublierai jamais et de l'année 1964, une année positive avec quand même des zones d'ombre.

Sheila lors de l\'émission télévisée \"Du yoyo au yéyé\", le 3 avril 1964
Sheila lors de l'émission télévisée "Du yoyo au yéyé", le 3 avril 1964 (GEORGES CHEVRIER / INA / AFP)