Une inflation élevée, source de conflits sociaux ?

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En Île-de-France, contrôleurs et les agents en gare de la SNCF sont appelés à la grève mercredi 1er décembre pour dénoncer leurs conditions de travail mais aussi demander des augmentations de salaires. Avec une inflation élevée, ces mouvements sociaux ont pris de l’ampleur ces dernières semaines. Le décryptage de Fanny Guinochet.

Article rédigé par
Fanny Guinochet - franceinfo
Radio France
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Manifestation des sages-femmes qui réclament de meilleurs salaires, à Paris, le 7 octobre 2021. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Avec une hausse des prix qui s’accélère, à 2,8% sur un an en novembre selon l’Insee, la pression sur les salaires se fait de plus en plus forte. Inquiets de ne pas boucler leur fin de mois, les Français veulent gagner plus. Dans les entreprises, en ce moment, c’est la période des négociations salariales.

Selon plusieurs syndicats, ces discussions se font dans un climat tendu. Ce qui donne lieu parfois à des mobilisations : chez Leroy Merlin, par exemple, il a fallu dix jours de grève pour que les syndicats obtiennent mardi 30 novembre une hausse de 65 euros mensuels pour les 23 000 salariés du groupe. Mais il y a aussi eu des débrayages chez Décathlon, Labeyrie... et dans des entreprises peu habituées aux conflits sociaux, dans de nombreuses PME, moins connues, en région, des laboratoires médicaux, chez des transporteurs, dans des sociétés de l’agroalimentaire etc.

Le domaine de la santé aussi est très mobilisé actuellement : les ambulanciers ont débrayé le 30 novembre, et les personnels du médico-social du privé, qui travaillent dans les centres d’accueils pour handicapés ou dans des Ehpad demandent que leurs salaires et primes soient alignés avec ceux du public. Ces agents, qui se disent "les oubliés" du Ségur de la santé, organisent une manifestation samedi 4 décembre à Paris.  

Ces mouvements concernent aussi bien le privé que le public 

Au niveau de l’État, depuis plusieurs semaines des négociations houleuses se tiennent entre les syndicats et la ministre de la Fonction publique, Amélie de Montchalin. Les centrales demandent une hausse du point d’indice, c’est-à-dire la base de calcul du salaire des agents mais le gouvernement a peu de marges de manœuvres. La prochaine réunion est fixée au 9 décembre mais la Fédération CGT des services publics a d’ores et déjà déposé un préavis national pour des grèves mardi prochain.  

Selon Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, la plupart devraient faire un geste, ne serait-ce que pour attirer des candidats dans un contexte de pénuries de main-d’œuvre. Mais pas sûr que ces hausses compensent les 2,8% d’inflation. Selon Yves Veyrier, le chef de file de Force ouvrière, dans les entreprises les premiers accords tournent plutôt entre 2 et 2,5% de hausse. De fait, le rapport de forces promet de se tendre, d'autant plus que la progression des prix est prévue pour durer encore quelques mois. 

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