Salaires et inflation : au lieu de l'augmenter, faut-il réformer le Smic ?

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Comme chaque année, un groupe d’économistes indépendants a remis au gouvernement ses préconisations sur le Smic. Malgré l’inflation, ils estiment qu'il ne faut pas augmenter le salaire minimum. Le décryptage de Fanny Guinochet.

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Fanny Guinochet - franceinfo
Radio France
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Revendications salariales sur un tableau d'affichage à Amiens (Somme). (MANON CRUZ / MAXPPP)

Malgré la hausse des prix qui devrait continuer l'an prochain, pas besoin d’aller plus loin que l’indexation automatique sur l’inflation prévue par la loi. C'est ce qu’assure un comité d'économistes présidé par Gilbert Cette. Autrement dit, selon eux, le gouvernement ne doit pas donner de coup de pouce supplémentaire au salaire minimum qui sera revalorisé de toutes façons, le 1er janvier prochain probablement de 1,8%. Ce qui, selon leurs calculs, représente une hausse de 30 euros brut par mois.

Les raisons avancées par ce comité sont simples : le salaire minimum a déjà beaucoup augmenté en France, presque 9% depuis l’automne 2021. Et pour eux, il y va de l’équité avec les autres salariés du privé, dont la majorité n’a pas bénéficié de telles hausses  plutôt autour de 4% ou 5%. Sans compter que, les augmentations du Smic tendent à écraser toutes les grilles de salaires.   

Pas un bouclier anti-pauvreté

Pour ces économistes, un ¨Smic trop élevé entretient le chômage notamment des non qualifiés : si le salaire est trop haut, les employeurs n'embaucheront pas. Et puis, contrairement aux idées reçues, le Smic n’est pas un bouclier anti-pauvreté. Si les travailleurs tombent dans la pauvreté, c’est surtout, parce qu’ils ne font pas assez d’heures – ils sont souvent en temps partiels subis –  et manquent de diplômes. Ça tient aussi beaucoup à la structure du foyer, dont souvent des familles monoparentales. Le comité suggère donc de revaloriser plutôt la prime d’activité ou de distribuer à ces ménages des aides ciblées comme les chèques inflation, les chèques fioul, etc. 

Ces experts proposent une réforme en profondeur du Smic avec cette proposition choc : en finir avec la revalorisation automatique. Ils suggèrent aussi que ce ne soit plus l'État mais le patronat et les syndicats qui fixent ce montant, comme en Allemagne ou aux Pays-Bas. Cela redonnerait du pouvoir aux partenaires sociaux... ou ce serait leur refiler la patate chaude, c’est selon. Pas sûr que ces idées, peu populaires, soient retenues. Toutefois, elles intéressent la macronie.  Et pour cause, Emmanuel Macron a toujours dit que ce n’était pas à l’État de fixer les niveaux de salaires, mais bien aux entreprises de le faire.

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