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Gilbert Cette (Groupe d’experts sur le SMIC) : "Augmenter le Smic pourrait avoir des effets préjudiciables sur l’emploi"

a revoir

Présenté parJean-Paul Chapel

Diffusé le 14/09/2021Durée : 00h6

Une augmentation du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) est-elle imminente ? "C’est tout à fait probable," d’après Gilbert Cette, président du Groupe d’experts sur le SMIC, professeur d’économie à Neoma Business School, et invité de Jean-Paul Chapel. L’économiste rappelle que le code du Travail (article L3231-5) prévoit l’augmentation automatique du SMIC suite à une inflation d’au moins 2 % depuis l’indice pris en compte pour la dernière revalorisation. La réévaluation la plus récente datait de janvier 2021. Elle était fondée sur l’indice de novembre 2020. "Nous sommes le seul pays avancé dans lequel il y a une telle règle infra-annuelle de revalorisation du salaire minimum pour défendre le pouvoir d’achat des salariés au SMIC."

Le Smic vaut aujourd’hui 1 554,58 euros brut par mois, ce qui correspond à environ 1 200 euros net. La hausse représenterait suite à l’inflation représenterait une trentaine d’euros. "Quand on compare le niveau du Smic en France à celui des salaires minimums dans d’autres pays aussi avancés que nous, le salaire minimum français est l’un des plus élevés." Pour Gilbert Cette, il faut aussi prendre en compte d’autres sources de revenus, comme la prime d’activité ou l’aide au logement.

Le Groupe d’experts sur le Smic n’a pas encore tranché sur un éventuel renfort du salaire minimum. Gilbert Cette souligne en revanche que leur rapport de 2020 "ne préconisait pas de coup de pouce au Smic." Une des raisons évoquées : "Augmenter le Smic pourrait avoir des effets préjudiciables sur l’emploi." L’économiste cite une étude par la Banque d’Espagne sur les effets de l’augmentation du salaire minimum en Espagne en 2019. "Cette étude a abouti en Espagne à des destructions d’emploi du fait de cette augmentation du salaire minimum."

Par rapport à la pénurie de main d’œuvre, Gilbert Cette soutient : "il faut que les partenaires sociaux se responsabilisent sur la question de l’attractivité des jobs qui sont offerts. Ça inclut les salaires, les minimas salariaux de branches. Comme dans tous les autres pays avancés, les partenaires sociaux doivent évidemment réfléchir à cette question."

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