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Pourquoi il faut se préparer à une hausse des prix du pétrole

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Les cours du pétrole vont-ils remonter ? C’est la question qui hante tous les acteurs de l’économie cette semaine.
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Radio France
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Car il y aura dimanche prochain à Doha au Qatar une réunion décisive des pays producteurs de pétrole. Qu’ils s’entendent par exemple sur un gel de la production, et alors le prix du baril repartirait soudain à la hausse et c’est toute l’économie mondiale qui changerait de visage. Une seule rumeur en ce sens a d’ailleurs provoqué une véritable fébrilité sur les marchés la semaine dernière. Le prix du baril va yoyoter toute la semaine nous disent les experts. Car tout le monde se demande, si nous ne sommes pas à l’aube d’un retournement du cycle : depuis juin 2014, le prix du baril a entamé une glissade historique : il était à plus de 80 dollars, il est à 40 aujourd’hui. Et assez imprudemment, nous nous sommes habitués à l’idée d’une longue période de prix bas, voire très bas. Et pour de multiples raisons : le ralentissement de l’économie chinoise, une sur-abondance de l’offre, une stratégie de guerre des prix et de protection des parts de marché des pétromonarchies du Golfe, le retour de l’Iran dans le jeu mondial, bref tout semblait militer pour un maintien des prix bas pendant encore au moins douze à dix huit mois. Mais les experts ne sont plus sûrs de rien. C’est à nouveau la grande incertitude.

Et pourquoi le prix du pétrole est aussi décisif ? 

Prenons l’exemple de la France pour comprendre combien notre économie est dépendante de la facture pétrolière. Savez-vous par exemple que près de la moitié de la croissance française s’explique aujourd’hui par cette baisse providentielle des cours, près de la moitié. Cela veut dire que si vous retirer l’effet pétrole et la chute de l’euro, l’économie française aurait fait du surplace en 2015. Si globalement, le pouvoir d’achat des Français a fortement progressé, on connaît actuellement la plus forte hausse depuis 2007, et nous le devons là encore à la baisse des prix du pétrole. La reconstitution des marges des entreprises, l’amélioration de notre commerce extérieur, le rebond de notre industrie, c’est encore largement un effet de la glissage des prix du pétrole. La vérité, c’est que plus de 40 ans après le premier choc pétrolier, l’économie française reste encore très, trop dépendante du pétrole. Et ce n’est une très bonne nouvelle : on ne sait bien, qu'on ne parviendra à contrer le réchauffement de la planète, que si les grandes économies du monde parviennent à se passer des énergies fossiles. Le temps presse, mais ce ne semble toujours pas pour demain.

A quel jeu jouent les grands pays producteurs ?

Ces prix bas sont en fait une totale anomalie : tout devrait militer pour un renchérissement des prix du pétrole, et en premier lieu, les exigences de la protection du climat. Mais les producteurs se livrent à un bras de fer historique, ils n’hésitent pas à inonder le marché et c’est cette surabondance qui fait baisser les prix. Le bon sens commanderait de geler la production, pour écouler les stocks et faire remonter le prix du baril. Et il y a un signe, passé relativement inaperçu, qui laisse penser que les prix finiront bien par remonter : en 2015, les sept grandes majors, les grandes compagnies mondiales du pétrole, n’ont pas réussi à renouveler la totalité de leurs réserves de pétrole : ce qui signifie qu'elles ont de plus en plus de mal à découvrir de nouveaux gisements, que l’exploration devient de plus en plus risquée, et de plus en plus cher. Et ça, ce n’est pas une mauvaise nouvelle. A condition de s’y préparer activement. 

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