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Les difficultés de Matteo Renzi

Le président du conseil italien, Matteo Renzi vient de subir une sévère défaite électorale. L’état de l’économie italienne explique en grande partie les résultats des élections municipales.
Article rédigé par France Info
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Ces élections municipales ont pris un tour important, elles étaient observées par tous les partenaires de l’Italie, notamment parce que Matteo Renzi incarne ou a incarné, une ambition réformatrice à gauche, plutôt sociale-libérale, avec une jeunesse qui ambitionnait clairement de changer l’Italie. Même s’il ne s’agissait que de simples élections municipales, beaucoup étaient aussi très attentifs en Europe au score qu’obtiendraient les candidats "anti-systèmes" qui ont le vent en poupe en Espagne, en France, au Royaume-Uni par exemple, avec des variantes, il est vrai, fort différentes. C’est d’abord, l’état économique des villes qui a été sanctionné : si la jeune avocate de 37 ans Virginia Raggi, figure du mouvement populiste 5 étoiles, a terrassé ses adversaires à Rome, elle le doit aussi à l’état catastrophique dans lequel ses prédécesseurs ont laissé la capitale italienne qui fut d’ailleurs gérée alternativement par la gauche et la droite : 13,5 milliards de dettes cumulées, une corruption généralisée, 60 000 fonctionnaires qui ont souvent privatisé l’intérêt général, 40% des chaussées défoncées, des poubelles ramassées un jour sur trois, des grèves à répétitions dans les transports. Pour l’emporter, à peine besoin de faire campagne, il suffit d’incarner un semblant de nouveauté et de prôner un bon coup de balai général contre le système justement. C'est d’ailleurs ce qu’a fait cette jeune femme qui sera donc la première femme à accéder au capitole.

A l’échelon national, il y a aussi des explications économiques

Cela ressemble un peu à ce qu’on ressent en France aujourd’hui. L’Italie et son économie vont mieux, la croissance est revenue, même si elle ne dépasse pas encore les 1%, le marché du travail, réformé sans même deux heures de grèves, semble désormais un peu plus fluide et s’améliore, mais les Italiens ne ressentent pas vraiment, pas encore, cette amélioration macro-économique, dans leur vie quotidienne. Et là, la situation est bien pire qu’en France : l’Italie est l’un des très rares pays de la zone euro a n’avoir quasiment pas connu de croissance depuis la création de la monnaie unique en 1999, c’est-à-dire il y a près de 17 ans. Un scénario noir, interminable, que personne n’avait vraiment anticipé ou même imaginé.

Quels sont les grands maux, les grands blocages de l’Italie ?

Ils sont hélas bien connus. L’économie italienne est plombée une dette abyssalle, par un système bancaire défaillant, perclus de créances douteuses, par un chômage de masse, par une corruption encore très puissante et enfin par un système politique dont Matteo Renzi, malgré son audace, n’a pas encore réussi la rénovation. Cela fait déjà beaucoup pour la troisième économie européenne. L’Italie entre à nouveau dans une période de turbulence et ce n’est pas une bonne nouvelle pour ses partenaires et une zone euro qui n’avaient pourtant pas besoin de cela.

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