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Le décryptage éco. Vers un plafonnement des frais bancaires pour les foyers modestes ?

Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, envisage de plafonner les frais bancaires pour les foyers modestes. Des frais bancaires qui peuvent aller jusqu'à 300 euros par an. Le décryptage de Fanny Guinochet.

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Des relevés de compte indiquent les éventuels frais bancaires.
Des relevés de compte indiquent les éventuels frais bancaires. (SYLVIE CAMBON / MAXPPP)

Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire a indiqué dimanche 8 juillet qu'il souhaitait plafonner les frais bancaires pour les foyers modestes. Une mesure qui pourrait s’insérer dans le plan pauvreté, plan qui devait être présenté en juillet et qui est repoussé à la rentrée. Bruno Le Maire a expliqué vouloir faire en sorte que "personne ne soit plus mis plus en difficulté à cause de frais bancaires insupportables et trop lourds".

Le ministre n’a pas précisé les modalités du plafonnement des frais bancaires, mais une chose est sûre, cela ne concernera pas tout le monde, uniquement ceux qui sont en difficultés. L’automne dernier, l’association 60 millions de consommateurs avec l'Union nationale des associations familiales (Unaf) avaient dénoncé l'explosion des frais de découvert qui touchent les plus modestes. Ces organismes avaient évalué que ces consommateurs se font ponctionner en moyenne 300 euros par an contre 34 euros pour des clients lambda, car à chaque chèque ou prélèvement refusé, il y a une pénalité, des agios quand il y a des découverts.

30% du chiffre d'affaires des banques

Tout cela rapporte de l’argent aux banques. Selon les associations, c’est même assez lucratif. Pour les banques de détail, cela représenterait jusqu’à 30% de leur chiffre d'affaires. Soit plusieurs milliards d’euros.

Les banques se défendent en expliquant qu’elles ont mis en place des dispositifs légaux pour soulager leurs clients les plus fragiles. Par exemple, lorsqu’une banque constate des incidents répétés, elle doit informer le détenteur du compte et lui proposer de souscrire une offre spécifique, pour l’aider à mieux contrôler son budget. Cette offre, qui est facturée trois euros par mois, lui propose des alertes par SMS, des cartes à autorisation systématique, etc. Des plafonnements de frais bancaires sont souvent intégres mais en réalité, peu de gens y souscrivent, 350 000 personnes tout au plus sur les 3,5 millions de personnes qui sont en situation de fragilité, d’ou la volonté de Bruno Le Maire d’aller plus loin.

Que peut faire le ministre ? C’est bien de faire pression sur les banques, il leur a par exemple déjà demandé de travailler sur ce sujet depuis plusieurs mois, mais, de là à imposer des règles, des montants, des niveaux de plafonnement, c’est délicat : l’autorité de la concurrence pourrait être saisie. Une chose est sûre : les établissements qui abusent sont dans le collimateur car plusieurs acteurs, des banques elles-mêmes, s’insurgent contre la disparité des frais liés à des incidents bancaires.

Les frais bancaires en hausse de 10% en cinq ans

En attendant, les tarifs bancaires continent d’augmenter. Tout le monde est concerné. En janvier dernier, l'association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir a estimé qu’en moyenne, la tenue d’un compte bancaire revenait à 211 euros par an, soit une progression en cinq ans de presque 10%. C’est trois fois plus rapide que l'inflation.

Un seul conseil, être vigilants et si vous estimez que c’est trop, les associations vous invitent à faire jouer à plein la concurrence entre les établissements bancaires

Des relevés de compte indiquent les éventuels frais bancaires.
Des relevés de compte indiquent les éventuels frais bancaires. (SYLVIE CAMBON / MAXPPP)