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Le décryptage éco. Renault abandonne sa Twingo

C'est la fin d'une époque chez Renault. Le constructeur va mettre fin à la production de sa Twingo. Son modèle électrique, qui existe aujourd’hui, sera le dernier à sortir de ses chaines. Le décryptage de Fanny Guinochet.

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Un Renault Twingo présentée au salon de Genève, en 2019.
Un Renault Twingo présentée au salon de Genève, en 2019. (CYRIL ZINGARO / KEYSTONE VIA MAXPPP)

Cette mini-voiture urbaine et  polyvalente ne fêtera pas ses 30 ans. Véritable succès populaire, la première Twingo s’est écoulée à presque trois millions d’exemplaires, au point qu’il y a eu ensuite une version 2 mais aussi 3, une Twingo électrique aussi. Mais aujourd’hui, la rentabilité n’est pas là.

Renault jette l’éponge parce que son partenariat avec Daimler s’est terminé : la dernière version de la Twingo thermique est en effet produite avec le constructeur allemand dans son usine en Slovénie. Une alliance qui permettait à la marque française de mutualiser les frais avec les Smart de Daimler, la grande majorité des composants étant communs avec la dernière Twingo.  Il y a deux ans, Daimler a décidé d’arrêter sa collaboration avec Renault et a préféré signer avec une entreprise chinoise. Impossible pour Renault d’absorber seule les coûts de production de sa Twingo. De fait, cette troisième génération de Twingo sera la dernière.  

D'après Renault, les normes européennes sont en cause

Pour Lucas de Meo, le nouveau patron de la marque au losange, les réglementations en matière de CO2 sont beaucoup trop contraignantes : et c’est devenu trop cher de produire de petites voitures thermiques. Et comme la plupart de ses concurrents, comme PSA, Renault se retire donc de ce segment. Luca de Méo l’a aussi dit, mi-janvier, lors de sa présentation : la stratégie de Renault a changé. Finie la course aux volumes, pour se concentrer sur moins de véhicules, mais plus rémunérateurs, souvent plus gros, comme les voitures familiales. 

Renault se concentre aussi sur l’électrique. Son objectif est de mettre le turbo sur ce créneau où le constructeur est déjà bien placé avec sa petite ZOE.  Certes, Renault va conserver sa Twingo électrique, elle en écoule 50 000 chaque année. Mais elle parie sur sa Dacia Spring, pour prendre le relais. Vendu autour de 20 000 euros, ce modèle low cost sortira au printemps, et promet d’être la voiture électrique la moins chère du marché. Luca de Meo compte aussi beaucoup sur sa future R5 électrique prévue pour 2023 pour remplacer sa Twingo. D’ici 5 ans, Renault prévoit d’avoir 65 % d’électriques et d’hybrides dans sa gamme.         

Un Renault Twingo présentée au salon de Genève, en 2019.
Un Renault Twingo présentée au salon de Genève, en 2019. (CYRIL ZINGARO / KEYSTONE VIA MAXPPP)