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Le décryptage éco. Qatar : les effets économiques d’une crise diplomatique

La rupture des relations diplomatiques entre le Qatar et certains des pays voisins pourrait avoir de graves conséquences économiques.

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Doha (Qatar).
Doha (Qatar). (IAN LANGSDON / EPA)

L’annonce est tombée lundi 5 juin comme un coup de tonnerre dans le Golfe persique. La rupture des relations diplomatiques entre le Qatar et certains de ses voisins ouvre une crise qui, si elle se prolonge, aura d’importantes conséquences économiques.

Pour le Qatar, ce seront des milliards de dollars d’échanges commerciaux en moins. Des investissements rendus plus difficiles, notamment les 200 milliards de dollars prévus pour préparer les infrastructures de la Coupe du monde de football 2022 dont le pays a décroché l’organisation, non sans créer la polémique. Des conditions d’emprunt sur la place internationale certainement plus compliquées, des produits de consommation courante probablement bloqués à la frontière saoudienne. Des bousculades se sont produites dans les supermarchés qataris dès lundi. Tout cela, à un moment où le pays – comme ses voisins du Golfe – doit faire face à la baisse des prix du brut.

Une situation budgétaire déjà compliquée

C’est tout le paradoxe du Qatar. Le petit pays du Golfe tire son immense fortune de l’exploitation du pétrole, mais surtout du gaz, dont il est le troisième exportateur mondial. L’émirat dispose aujourd’hui du revenu annuel par habitant le plus élevé au monde, une croissance attendue d’à peine 3% d'ici 2018 (on est allé jusqu’à 4 à 6%), mais c’est surtout un Etat providence.

70% de sa population est composée de fonctionnaires, les quelque 2 millions de citoyens qataris se sont habitués à bénéficier de nombreux avantages comme les services de santé, les prestations sociales, l’accès facile au crédit et l’enseignement. La dette publique qui était de 30% il y a trois ans devrait approcher les 55% l’année prochaine. 

Des investissements partout dans le monde

Le Qatar dispose d’avoirs financiers sur toute la planète, ou presque. Sa principale force de frappe, c’est son fonds souverain – le Qatar Investment Authority – doté de plus de 300 milliards de dollars. Ce fonds détient 10% de l’Empire State Building de New York, 17% du capital de Volkswagen ; ces dernières années il a investi près de 50 milliards d’euros au Royaume-Uni pour mettre la main notamment sur les magasins Harrods de Londres et la chaine de supermarchés Sainsbury’s. Sans compter les hôtels de luxe parisiens, le PSG, les magasins Printemps. Il est aussi le premier actionnaire du groupe Lagardère.

Cela constitue donc une épaisse carapace et, pour l’instant, la brouille diplomatique est localisée avec les voisins du Golfe et l’Egypte. Pas de répercussions attendues pour l'instant en Occident, mais c’est un nouveau coup de boutoir contre une économie qui porte en germe une certaine fébrilité... toute relative, il est vrai.


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Doha (Qatar).
Doha (Qatar). (IAN LANGSDON / EPA)