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Le décryptage éco. Pourquoi l'État veut encadrer le recours à l'emprunt ?

Les taux des crédits immobiliers n’arrêtent pas de baisser mais le gouvernement veut prendre des mesures pour limiter le recours aux emprunts. Le décryptage éco de Fanny Guinochet.

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Le siège de la Banque de France à Marseille.
Le siège de la Banque de France à Marseille. (CLEMENT MAHOUDEAU / MAXPPP)

L’État ne veut pas se retrouver à devoir payer les pots cassés si la situation tournait mal. Aussi, alors que les taux sont très bas, il préfère anticiper plutôt que de voler au secours des particuliers et des banques. Il faut bien se rendre compte : la machine à crédits tourne à plein en ce moment… et il y a un risque de surchauffe : juste pour l’immobilier, le marché a atteint 1 000 milliards d’euros au total. C’est deux fois plus qu’il y a dix ans.

1,27% en moyenne contre 1,37% en août

L’argent circule à flots, mais c’est de l’argent à "bas prix" car les taux des crédits sont extrêmement bas : selon les données de la Banque de France publiées lundi 4 novembre, pour un prêt immobilier, les taux sont descendus en septembre à 1,27 % en moyenne... contre 1,31 %, un mois avant, en août ! Dans ces conditions, les Français s’endettent, parfois jusqu’à l’excès. Ce qui peut s'avérer dangereux. Et puis, les banques prêtent de l’argent sans rien gagner ou presque, ce qui les fragilise aussi. Ces éléments inquiètent au plus haut point le gouvernement.

Le gouvernement étudie plusieurs option. Pourquoi ne pas limiter, par exemple, les renégociations de crédits ? Les Français font jouer la concurrence entre les établissements, mais cela déstabilise les banques. Le gouvernement pourrait aussi augmenter les frais de remboursement anticipé des prêts. L’autre option serait de mettre un plafond, au-delà duquel on ne puisse plus s’endetter : si on a l’habitude de dire qu’il ne faut pas dépasser 30 % d’endettement par rapport à son revenu, au risque de se mettre en danger financièrement, cette limite n’est pas contraignante. Le gouvernement pourrait mettre une interdiction : au-delà de 33 %, impossible d’accorder des prêts, sinon il y a sanction…  

Ces mesures ne sont pas vraiment populaires. Les banques n’ont pas envie de se voir limitées, car les crédits immobiliers leur permettent d’attirer des clients. Et puis, les Français sont très heureux de gagner de l’argent avec des taux historiquement bas... Voilà pourquoi, pour l’instant, le gouvernement en reste au niveau des réflexions : il a chargé le Haut conseil de la stabilité financière de mener une consultation et doit rendre ses recommandations cette semaine. Ensuite, l’État avisera... ou pas !

Le siège de la Banque de France à Marseille.
Le siège de la Banque de France à Marseille. (CLEMENT MAHOUDEAU / MAXPPP)