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Le décryptage éco. Les péages d'autoroute augmentent davantage que les années précédentes

Les tarifs des péages des autoroutes sont revus à la hausse. comme chaque 1er février. Une hausse supérieure à celles des années précédentes. Le décryptage de Fanny Guinochet.

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Une borne de péage automatique sur une autoroute à Nice (Alpes-Maritimes).
Une borne de péage automatique sur une autoroute à Nice (Alpes-Maritimes). (VALERY HACHE / AFP)

Comme tous les 1er février, les tarifs des péages des autoroutes sont revus à la hausse. Sur les principaux réseaux, les prix vont augmenter pour les voitures particulières, il faut s’attendre à une hausse entre 0,8% et 2%. C’est plus que les années précédentes, où l’augmentation moyenne n’avait pas dépassé 1%. Cela tenait à l’inflation qui était nettement moins élevée auparavant.

L’inflation est toujours prise en compte dans ce calcul mais il y a un deuxième élément : la hausse de la redevance "domaniale", qui, elle, est décidée par l'Etat. C’est une somme que les sociétés autoroutières comme Vinci, Sanef, Eiffage, paient à l’État et qu’elles répercutent sur le client. Elles la répercutent d’autant plus, depuis 2013, que l’Etat a décidé d’augmenter cette taxe de 100 millions par an.

Une conséquence de l'abandon de l’écotaxe 

Quand l’Etat a décidé d’abandonner l’écotaxe et ses portiques, cela lui a coûté plus d’un milliard d’euros. Comme il est exsangue, qu’a-t-il fait ? Il s’est tourné vers les autoroutiers pour qu’ils paient alors que dans le même temps, en 2015, Ségolène Royal, ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, leur a imposé un gel des tarifs. D’où un bras de fer entre l’Etat et les concessionnaires qui ont finalement obtenu un rattrapage financier. Et c’est ce rattrapage évalué à 500 millions d’euros qu’on va payer dans les années à venir. Donc, mauvaise nouvelle, les hausses de péage sont loin d’être terminées !

Les associations de consommateurs crient au scandale, et elles ont en partie raison. Si on en croit l’Arafer, l'autorité de régulation qui a rendu un rapport en 2017, ce rattrapage est abusif pour l’automobiliste. Quand on regarde dans le détail ces hausses des péages, on voit que les responsabilités sont partagées. Sur 10 euros de péage, les experts considèrent que quatre euros partent en impôts et taxes. L’autoroutier empoche 2,20 euros et il y a 1,20 euro pour l’exploitation du réseau au quotidien et plus de deux euros pour moderniser les autoroutes et ouvrir de nouveaux tronçons.

Des disparités selon les régions

Les différences de tarif sont importantes selon les tronçons. Cela dépend du contrat que chaque société autoroutière a passé avec l’État. Mais cela s’explique aussi par la géographie. Il est plus cher de construire une autoroute en montagne que sur une surface plane. Et les ponts et les viaducs sont plus onéreux qu'un simple ruban de bitume.

En tout cas, la France a un des meilleurs réseaux autoroutiers du monde et cela devrait continuer. Un grand plan autoroutier a été lancé en 2015 par François Hollande, plan qu’Emmanuel Macron s’est engagé à compléter. Au total, ce sont quatre milliards d’euros investis et des emplois à la clef.


Une borne de péage automatique sur une autoroute à Nice (Alpes-Maritimes).
Une borne de péage automatique sur une autoroute à Nice (Alpes-Maritimes). (VALERY HACHE / AFP)