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Le décryptage éco. Les négociations s'engagent sur la réforme de l'assurance chômage

Syndicats et patronnat se réunissent jeudi pour trouver un accord sur l'assurance-chômage, une réforme voulue par  Emmanuel Macron. Le décrytpage de Fanny Guinochet.

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Fanny Guinochet (L'Opinion)franceinfoRadio France

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Une séance de négociations entre partenaires sociaux au siège du Medef en juin 2016.
Une séance de négociations entre partenaires sociaux au siège du Medef en juin 2016. (MAXPPP)

Les syndicats et le patronat se retrouvent à partir de jeudi 11 janvier pour aborder la réfome de l’assurance-chômage avec, au menu, les indemnités chômage pour les démissionnaires. C’était une des principales promesses d’Emmanuel Macron pendant la campagne. Une promesse très populaire puisqu’il s’agit de faire en sorte que tous ceux qui veulent quitter leur job puissent bénéficier d’allocations chômage.

Aujourd’hui, lorsque vous démissionnez, vous n’y avez droit que dans une quinzaine de cas, très précis, comme par exemple lorsque vous suivez votre conjoint ou conjointe dans un autre département.

Des gardes-fou pour limiter l'afflux

Le problème, c’est que cette promesse coûte très cher, plusieurs milliards d’euros par an, ce qui évidemment plomberait les comptes de l’Unedic qui sont déjà dans le rouge. La dette de l’assurance-chômage avoisine les 40 milliards d’euros.

Emmanuel Macron va en quelque sorte revoir ses ambitions à la baisse. Bien sûr, il n’est pas du genre à renoncer, il veut être le président qui fait ce qu’il dit. Mais, en même temps, pour ne pas exploser les dépenses, il va mettre de nombreux garde-fous pour limiter l’afflux de démissionnaires.

Le premier, c’est que ce droit à démissionner – souvenez-vous, Emmanuel Macron l’a souvent dit – sera comme un joker que vous ne pourrez utiliser qu’une fois tous les cinq et même tous les sept ans ! C’est à prendre au pied de la lettre, car une des pistes de l’exécutif serait pour en bénéficier, de pouvoir justifier d’au moins cinq ans, voire sept ans de travail.

Après une période de crise, et de chômage de masse comme on a connue ces dernières années, cette contrainte promet de limiter drastiquement le nombre de gens éligibles à ce nouveau droit.

L'obligation de présenter un projet

Et il faudra aussi présenter un projet professionnel. Pas question de quitter un job pour s’offrir quelques mois pour souffler ! Ce n’est pas l’esprit de la réforme, d’autant qu’Emmanuel Macron l’a redit au moment de ses vœux, 2018 doit être l’année du travail. Il est prêt à accompagner la démission, mais pour aider à une transition professionnelle, une reconversion, avec un vrai projet professionnel. Toute la question étant de savoir qui va juger de la pertinence du projet : est-ce que ce sera les agents de Pôle emploi ? Sur quels critères ?

Dans le même esprit, la durée de la prise en charge par l’assurance-chômage devrait être bien plus limitée que pour ceux qui perdent leur job involontairement. Aujourd’hui, on peut toucher une indemnisation pendant deux ans. Pour les démissionnaires, cela ne devrait pas aller au-delà d’un an.

Il y aura probablement un plafonnement de l’indemnité. C’est une façon d’empêcher que les cadres qui ont les salaires les plus élevés et qui ont le plus de chances de retrouver un job – avec la reprise le chômage des cadres est autour de 5% – ne se ruent sur la mesure.

On n’est qu’au début de la discussion, tous ces paramètres vont être affinés et discutés. Mais l’idée est que l’assurance-chômage pour tous les démissionnaires ne coûte pas plus de quelques millions d’euros de plus. Sachant qu’il n’est pas question de réduire le droit existant des demandeurs d’emploi, de ceux qui sont déjà inscrits. Sur ce point, les syndicats ont promis d’être vigilants.

Une séance de négociations entre partenaires sociaux au siège du Medef en juin 2016.
Une séance de négociations entre partenaires sociaux au siège du Medef en juin 2016. (MAXPPP)