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Le décryptage éco. Le conflit social à Air France s’enlise avec quatre journées de grève supplémentaires programmées

Si la grève à la SNCF occupe une part importante de l’actualité, le conflit social à Air France, qui dure depuis février, lui, s’enlise : quatre journées de grève supplémentaires sont programmées les 17 et 18 puis les 23 et 24 avril.

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Si on cumule tous les jours de débrayage, la facture s’élève à 100 millions d’euros : c’est presque la moitié de ce que demandent les syndicats.
Si on cumule tous les jours de débrayage, la facture s’élève à 100 millions d’euros : c’est presque la moitié de ce que demandent les syndicats. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

On parle beaucoup de la SNCF, mais le conflit Air France s’enlise : on savait qu’une journée de grève était prévue le samedi 7 avril, ainsi que deux autres les 10 et 11 avril. Mais on apprenait aussi mercredi que quatre journées de grève supplémentaires étaient fixées, les 17 et 18 avril puis les 23 et 24 avril. Trois d’entre elles coïncident avec le mouvement à la SNCF.

La direction ne veut pas lâcher

Le conflit dure depuis février et ressemble de plus en plus à la grève par intermittence de la SNCF. Même, si bien entendu, les motifs sont différents. Chez Air France, les syndicats demandent des hausses de salaires de 6%, car la compagnie a dégagé 590 millions de bénéfices l’an dernier. La direction, elle, ne veut pas lâcher, estimant que c’est beaucoup trop à un moment où la compagnie, certes, recommence à gagner de l’argent, mais n’a pas assez de marges de manœuvre. Surtout dans un environnement très concurrentiel, où plusieurs compagnies étrangères s’installent à Paris en ce moment.

C’est donc une situation de blocage, et l’on ne voit pas vraiment quelle sera l’issue du conflit. Entre syndicats et la direction, c’est un dialogue de sourds. Mercredi, la direction des ressources humaines a reçu l’intersyndicale, la réunion a duré moins de trois quart d’heures. Les syndicats ont claqué la porte, fatigués, disent-ils, d’entendre toujours les mêmes propositions. Les syndicats semblent soudés, ce qui n’est pas toujours le cas chez Air France, où il y a trois catégories de salariés, les pilotes, les navigants (les hôtesses et les stewards), mais aussi le personnel au sol.

Côté direction, on assure être ouvert à la négociation mais estime avoir déjà fait beaucoup en octroyant des primes de participations aux salariés cette année : près de 8 000 euros en moyenne pour les pilotes, 2 000 euros pour les navigants, 1 500 pour les agents au sol. Elle souligne aussi qu’elle a proposé des augmentations collectives d’1% cette année, alors qu’elle ne l’avait pas fait depuis 2011, à cause des difficultés que rencontrait la compagnie. Dernièrement, elle a aussi suggéré un système de rattrapage individualisé pour les salariés qui auraient perdu du salaire par rapport à l’inflation ces dernières années.

Le mouvement ne semble pas s’essouffler

Mais les syndicats n’en veulent pas et jouent l’enlisement. Ils se disent qu’en lâchant maintenant, ils n’auront rien obtenu et qu’il faut encore tenir. Et ce même si, précisons-le, chez Air France, les jours de grève ne sont pas payés. Malgré cela, le mouvement ne semble pas s’essouffler, avec entre 20 et 35% de grévistes selon les jours. Ce qui a donné, par exemple, 25% des vols annulés, mardi 3 avril. La mobilisation a même un peu augmenté chez les pilotes ce jour-là. Surtout, les syndicats parient sur le fait que la direction va céder, car elle perd beaucoup d’argent dans ce mouvement : une journée de grève lui fait perdre 20 millions d’euros. Si on cumule tous les jours de débrayage, la facture s’élève à 100 millions d’euros : c’est presque la moitié de ce que demandent les syndicats… Puisque la direction a estimé que 6% d’augmentation, c’était 240 millions d’euros.

Le chiffre du jour

Quatre millions et demi de personnes ont bénéficié des chèques vacances en 2017. Et même 10 millions de personnes si on ajoute les proches. Le chèque vacances a le vent en poupe et enregistre une progression de 2,5%. Et, bonne nouvelle, il profite de plus en plus à des salariés de petites entreprises.

Si on cumule tous les jours de débrayage, la facture s’élève à 100 millions d’euros : c’est presque la moitié de ce que demandent les syndicats.
Si on cumule tous les jours de débrayage, la facture s’élève à 100 millions d’euros : c’est presque la moitié de ce que demandent les syndicats. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)