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Le décryptage éco. La SNCF embauche massivement

La SNCF va recruter 4 500 personnes cette année dont 2 500 en Île-de-France et lance un grand forum de recrutement. Le décryptage éco de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

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Campagne de recrutement à la SNCF à la gare du Nord, le 7 avril 2011 à Paris.
Campagne de recrutement à la SNCF à la gare du Nord, le 7 avril 2011 à Paris. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

De la même façon que l’on parle des trains qui n’arrivent pas à l’heure, on parle plus facilement des postes supprimés. Il y en a chaque année, grosso modo 2 500 à la SNCF mais dans le même temps, l'entreprise ferroviaire recrute. Entre 4 000 et 5 000 personnes en CDI, en moyenne par an. Lundi 13 mai et mardi 14, la SNCF lance un grand forum de recrutement. Elle cherche à embaucher 4 500 personnes cette année. 

Ces nouvelles embauches viennent essentiellement remplacer les départs à la retraite et elles concernent surtout des électriciens, des mécaniciens, des conducteurs, des aiguilleurs, mais aussi des ingénieurs. La compagnie recherche des diplômés, mais aussi des personnes qui n’ont pas de qualification, ou des profils avec de l’expérience. De toute façon, elle forme les recrues pendant un an.

Pour postuler, la SNCF met en place un site éphémère dans le 12e arrondissement de Paris, "Ground Control", où tout le monde peut postuler, il suffit d’apporter un CV. C’est l’occasion d’échanger avec les personnels des RH, de faire des "job datings". La SNCF innove aussi, avec des "escape games", c’est à dire des jeux d’animation, dans lesquels les participants devront résoudre des énigmes autour du ferroviaire, et seront évalués en fonction de leurs comportements. 

La fin des embauches au statut

Jusqu’à janvier 2020, début de l’année prochaine, date d’entrée en vigueur de la nouvelle réforme ceux qui ont moins de 30 ans, peuvent encore être recrutés selon le statut des cheminots mais ce seront bien les derniers. Pour le reste, ce sont des CDI, un peu particuliers toutefois puisqu’ils dépendent des accords de branche spécifiques de la convention négociée avec l’Etat et les syndicats. Ils bénéficient de garanties importantes : par exemple, les salariés ne peuvent pas être remerciés par un licenciement économique. Et ils ont des dispositions spécifiques en termes de pénibilité et de prévoyance, de retraite, etc.

La SNCF reste une marque forte, à laquelle les Français sont attachés. Bref, elle attire encore et le groupe s’attend à avoir du monde. L’année dernière, il dit avoir reçu 250 000 candidatures sur son site emploi en ligne, qui a enregistré au total 3,5 millions de visites. En Île-de-France, la compagnie ferroviaire a tout de même du mal à trouver des profils, notamment parce que le logement est cher. Du coup, elle a créé un dispositif pour les nouveaux recrutés pour les aider à compenser les montants des loyers avec les salaires.

Les salaires fixes restent peu élevés. La SNCF n’est pas très loquace sur le sujet, expliquant que ça dépend des métiers et des niveaux de diplômes. Mais globalement, les rémunérations fixes des jeunes recrues ne sont pas mirobolantes. La SNCF joue plutôt sur les primes de nuit, de déplacement d’horaires décalés ou  les heures sup. Selon les données du site Indeed, alimenté par les agents eux même, le salaire mensuel d’un technicien mécanique se situerait autour de 1 500 euros bruts par mois et 3 200 euros par mois pour un chef de produits.

Campagne de recrutement à la SNCF à la gare du Nord, le 7 avril 2011 à Paris.
Campagne de recrutement à la SNCF à la gare du Nord, le 7 avril 2011 à Paris. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)